
La discussion sur l'internet dans dix ans repose, à mon avis, sur deux piliers : la technologie et les usages.
En ce qui concerne la technologie, il ne faut pas se limiter à ce qui est ou sera, compte tenu de ce que l'on peut supputer, mais voir aussi l'étendue de la diffusion. Par exemple, actuellement, certains lieux peuvent recevoir des débits suffisants pour le streaming vidéo HD, mais la plupart des infrastructures d'internet offre une possibilité réelle, vue par l'usager, qui dépasse difficilement les 2MB. Comme il faut plusieurs années entre la disponibilité d'une technique et l'exercice courant de la créativité des usagers, il sera tout à fait nécessaire que notre prospective technique tienne compte de la progressivité de la diffusion, notamment pour les deux questions fondamentales que sont le débit et IPV6.
Pour les usages, je crois qu'il serait productif de se poser la question de leur transformation domaine par domaine. Par exemple, un atelier "que devient l'enseignement" ; un autre "que devient l'agriculture" ; "que devient l'urbanisme" ; "que devient la justice" ; "que devient l'administration" ; "que devient la culture" etc.. Cette approche aurait l'avantage de remettre en cause les "allant de soi" des milieux concernés en leur démontrant, si c'est bien fait, qu'Internet est bien plus qu'un outil. Ça obligerait aussi les technophiles à modérer leurs ardeurs en constatant les difficultés pratiques qui se posent aux professions concernées. Je crois d'ailleurs qu'une telle approche amènera à décrire des tendances dont l'accomplissement dépasseront largement la décennie, ce qui n'est pas plus mal. Thierry Gaudin
Un autre commentaire va dans le même sens. Il y a fort à parier que les technologies utilisées par le public dans dix ans sont parmi celles qui existent déjà aujourd'hui au moins dans les laboratoires. Autrans 2006 ne doit donc pas être centré sur de la "technologie fiction".
Quelques exemples du retart entre l'invention et l'usage. La radiomessagerie date de 1975, ce n'est qu'en 1994-1995 que Kobby de Bouygues et Tatoo de France Telecom en ont fait un produit grand public.
Moreno disait dans le livre des inventions (édition 2000) qu'il y a eu neuf ans entre l'idée de la carte à puce et le temps où les gens ont eu la carte dans leur poche. Il a fallu quatorze ans entre l'idée de valider la carte par un code secret et son entrèe dans les moeurs. D'où mon soutien à l'idée d'imaginer grand domaine par grand domaine d'application ce que seront les usages dans dix ans.
Parmi ceux-ci il y aura l'utilisation par les seniors dans les maisons de retraite ou à leurs domiciles. J'espère que le réseau aura mieux à leur offrir que l'abrutissement devant la tele qui leur est proposé actuellement. Bruno Oudet
Dernière modification le mardi 3 mai 2005 9:43:59
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