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Territoires, territoires de l'Internet

Qu’est-ce qu’un territoire ? Que sont les territoires de l'Internet ? Que sont les pratiques d'internet dans un territoire ?


NDLR : page longue et très riche. J'ai essayé d'en faire un résumé bien imparfait. A vous de l'enrichir BO

Résumé de la page
TG lance le débat en exposant sa vision des territoires et de l'impact de l'Internet. Le maillage par l’Internet concerne les territoires en ce qu’il modifie les modes de socialisation. Il crée aussi de nouveaux territoires, dans lesquels la proximité n’est plus nécessairement physique. C’est, si l’on peut dire, une proximité « en esprit », d’individus qui partagent les mêmes passions ou les mêmes intérêts. Puis il souligne que pour le comprendre "il faut d’abord raconter des expériences vécues".
PA souligne un maire qui lors de l'inauguration d' une zone couverte par le WIFI parle de l'élargissement horizons.
RD souligne l'intérêt d'une cartographie des infrastructures
MB mentionne le rôle rôle des GIX pour favoriser le trafic local.
Jean-Michel Yolin rappelle que les zones de solidarités ne recouvrent pas toujours le découpage administratif (ex. les Kurdes) ce qui conduit naturellement à parler de l'utilisation de l'Internet par les diasporas.
EG demande de sortir de l'idée du déterminisme technique et d'étudier l'évolution de nos pratiques intellectuelles, de nos pratiques d'écriture qui conduit à la fracture cognitive. Il appelle comme RD au développement de la la métrologie et la cybergéographie.
CV propose un exposé sur l'utilisation de l'Internet par les enfants hospitalisés qui modifie le territoire hospitalier. JPP ajoute qu'il y a place aussi pour une une rencontre des personnes qui agissent sur le terrain social
XDM demande que l'on resserre le sujet: Trop de sujets passionnants dans tous les sens et pas la possibilité de tout suivre
MF suggère de faire appel aux universitaires qui depuis plusieurs années font des recherches sur ce sujet. Il rejoint sur ce point EG
oz nous demande de nous affranchir des contraintes des territoires " à la finitude du territoire (le droit du sol dont nous nous libérons enfin après en avoir heureusement terminé avec le droit du sang) succèdent l'ouverture du réseau"
JC rappelle la diversité des territoires "diversité des lieux de pratiques, des communautés qui font des territoires etc ; et aussi des internets au sein d'un même territoire (ce dernier n'étant pas que géo-administratif) car chacun pratique la chose à sa façon tout en participant d'un même groupe social."
JMR nous propose une contribution longue et très bien construite. Il distingue bien le géo-localisé et a-localisé. A lire: il nous dresse un tableau très large des questions qui se posent aujourd'hui, de quoi travailler jusqu'à Autrans 2010!!
PB Apport sur la définition des territoires et propositions de sujets.

La profondeur de la notion de territoire peut être comprise en se référant à l’éthologie. Certains animaux, le chat par exemple, ont un « instinct territorial » très développé. Ils marquent les limites de leur territoire en y déposant des phéromones. Pour d’autres, c’est plus complexe, plus abstrait. Ainsi, Lorentz fait observer que les poissons de corail tolèrent dans leur environnement immédiat des individus d’une autre espèce, mais réagissent très vivement quand un congénère de la même espèce se présente aux limites de leur territoire.

Il explique ce comportement par le fait que deux espèces différentes ne consommant pas la même nourriture, la cohabitation des individus ne pose pas de problème, alors que celle d’un concurrent est naturellement perçue comme une menace. Il observe aussi que, pour éviter des confrontations mortelles, dommageables pour la survie de l’espèce, ces poissons arborent des couleurs vives qui sont des signaux en direction de leurs semblables, indiquant le danger de s’approcher du territoire occupé.

Il y aurait donc, si l’on peut dire, une définition « naturelle » de la notion de territoire : ce qui permet à un individu –ou à une petite collectivité pour les espèces tribales- de survivre, c’est-à-dire de s’alimenter et de se perpétuer.

Transposé à l’espèce humaine, chaque système de survie engendre ses concepts territoriaux : le territoire de chasse pour les chasseurs-cueilleurs, le territoire agricole à partir du néolithique, le territoire capitaliste dans la société industrielle… et des territoires plus abstraits dans la civilisation cognitive en cours de constitution.

Vu par un éthologue, le système urbain est, pour les humains, ce que le récif corallien est pour les poissons : un enchevêtrement de territoires de nature différente, cette différenciation permettant une cohabitation non conflictuelle, malgré la forte densité de peuplement, si on la compare à celle des systèmes agraires ou, à fortiori, à celle du Nunavut (20000 habitants sur 1900000Km2).

Le maillage par l’Internet concerne les territoires en ce qu’il modifie les modes de socialisation. Il crée aussi de nouveaux territoires, dans lesquels la proximité n’est plus nécessairement physique. C’est, si l’on peut dire, une proximité « en esprit », d’individus qui partagent les mêmes passions ou les mêmes intérêts. Ainsi, comme dans le récif corallien, la topologie territoriale n’est plus celle d’Euclide et elle varie d’un individu à l’autre. Pour la comprendre, il faut d’abord raconter des expériences vécues.

*Le thème 2005, les TERRITOIRES, répond à l'objectif de rassembler et confronter les initiatives régionales et locales par lesquelles les acteurs territoriaux publics, privés et associatifs s'approprient l'internet et les TIC.
*Il s'agit aussi, pour les participants à Autrans 2005, de partager leurs expériences, d'évaluer et de faire connaître les outils coopératifs disponibles pour le développement d'intelligences collectives.
*Enfin, Internet est lui-même un territoire que tentent d'investir de nombreux acteurs. Dans l'état actuel de son développement, il faut savoir distinguer ce qui est appropriable de ce qui est un bien commun, et savoir aussi comment protéger ce qui est à mettre en commun. Thierry Gaudin le 9/6/2004


Discussions

La Région de Bruxelles-Capitale a installé des bornes Internet & Wi Fi (bornes i+) sur son... territoire. Le bourgmestre (maire) d'Ixelles, Willy Decourty, a eu cette jolie formule : En plaçant des bornes, on peut élargir ses horizons. Philippe Allard

Article sur les bornes i+ : http://www.e-administration.be/index.php?action=article&id_article=54037%%%


En lisant "Pratiquer l'e-inclusion" publié par ESNET je tombe sur un article de Pierre Lelong qui parle de création de nouveaux territoires sociaux. "Les territoires virtuels" ne sont pas une utopie. Des réseaux de solidarité existent d'ores et déjà en ligne, les mouvements citoyens commencent à s'emparer du réseau (mouvance anti-mondialisation par exemple) , des artistes créent collectivement, etc ... .

Dans ces territoires (aussi appelés communautés virtuelles, communautés en ligne) il appartient de distinguer celles qui visent à développer les liens sociaux dans les territoires "géographiques" (Parthenay est l'exemple fétiche français) de celles qui rassemblent les passionnés/les compétents d'un sujet. On parle souvent dans ce deuxième cas de communautés de pratiques. Ces dernières sont détachées du territoire géographique. Elles conversent dans une même langue (sans doute 99% des cas). Il est donc abusif de parler de communautés mondiales! La langue sur Internet plus que l'espace géographique est le facteur discriminant. Bruno Oudet


De Richard Delmas, le lundi 10 mai

Toujours dans la poursuite du territoire virtuel, j'ai entendu sur BFM le week-end dernier un FAI lyonnais expliquer la topologie des noeux d'accès en France, monopole Paris et région parisienne, avec pas mal de pertinence mais aussi de nombreuses approximations : ils viennent de mettre en place un noeud à Lyon avec renater, etc.

Je me demande s'il ne faudrait pas faire à Autrans un point complet sur la cartographie fr et européenne et la distribution des accès, dorsales, serveurs de nom, serveurs de routage, cables transatlantique, méditerranée, satellites, etc. afin de mettre en évidence atouts et handicap et la pertinence d'une réflexion de type "banane bleue" de l'Internet


Commentaire de Michel Briand

Une info en passant a ce sujet :

Il y a plusieurs projets de GIX en cours dont une réunion de travail à Clermond le 10 juin (liste horizon21) permettra de faire le tour.

Un réseau de GIX (un par département) constitue l'architecture cible de Megalis II en Bretagne et pays de Loire pour 2005-2006 (articulé avec des réseaux départamentaux et métropolitains).

Le cout évalué avec les prix d'aujourd'hui est de l'ordre de grandeur du cout de megalis actuel avec evidemment beaucoup plus de possibilites.

je pense que c'est un élément qui intéresse beaucoup de territoires autre problématique corrélée :

comment articuler région, département et agglomération dans l'aménagement des territoires ?


Commentaire de Richard Delmas

Comme le suggère J-M Y, Renater+ l'Afors + LDcom/9telecom

  • Tactis/Idate/ seraient bien utile

Il faut un groupe "focus" là-dessus pour Autrans, avec comme objectif la couverture territoriale fr mais aussi inter-reg et européenne, vu la dynamique européenne en cours...

Cela suppose un "coordinateur" wiki et documents (qui ?) et un lien avec, notamment, métrologues et géographes afin de conceptualiser le paradigme La réflexion pourrait se poursuivre le 18 février 2005 à Namur pour le colloque "Internet et prospective" que met en place l'institut Jules Destrée avec Isoc-Wallonie et autres partenaires. Prêt à contribuer au travail du groupe.


De Jean-Michel Yolin

... et les historiens : certaines frontières issues de décisions geopolitiques ne correspondent clairement aux zones de solidarités issues de l'histoire : ex les Kurdes (et il y a plein de "kurdes" en Europe).
Ceci sera une transition naturelle vers les diasporas issues en général d'un territoire physique mais qui sont devenus des territoires virtuels où internet en abaissant les distances redonne une proximité transactionnelle.


De Eric Guichard

Je suis assez d'accord avec Richard.

Je me méfie toujours du déterminisme technique, qui suppose qu'une technique comme l'internet va transformer le social (citoyens, politiques, enfants malades, etc.), surtout en s'appuyant sur de l'équipement, en négligeant les aspects proprement cognitifs de l'internet et de l'informatique (ce que Goody appelle une technologie de l'intellect).

Mon idée est qu'il faudrait "muscler" des rencontres telles qu'Autrans. D'une part, en donnant un cadre conceptuel à l'internet. A mon avis, si nouveau paradigme il y a, il est dans l'évolution de nos pratiques intellectuelles, de nos pratiques d'écriture.

Et là, l'enjeu est lourd: poids prépondérant de l'économie de la connaissance (logiciels US, universités US), de celle de la culture (ambiguë, insidieuse, mais très présente), des industries liées à l'information (médias classiques compris).

C'est aussi ainsi que l'on peut expliquer des formes redoutables de fracture non pas numérique (ça ne veut rien dire), mais cognitive (accès à l'écriture, à la lecture, à l'échange, au pouvoir).

Ainsi, on retrouve un fil conducteur (classique) qui relie la pensée et le social.

D'autre part, on pourrait appuyer ce cadre théorique sur des mesures: mesures en termes d'équipements, de débits, de flux, de superposition d'acteurs variés (Renater, FT, Sprint, etc.), et bien sûr d'usages (exclusion matérielle, exclusion cognitive, cf. les travaux de Pénard), Ici, le territoire réapparaît (Grasland, Desbois).

En matière d'usages, il serait utile de faire un point sur les distributions statistiques des usages, qui rappellent plus ce que les physiciens ont découvert (lois de puissance) que ce que les apprentis en sociologie croient depuis le XIXe siècle (existence d'un usager moyen, d'un profil standard, d'un écart à la moyenne fini).

Là, la métrologie et la cybergéographie ont leur place.

Je sais, ça n'est pas facile, c'est même douloureux au point que ça peut sembler rébarbatif aux personnes pressées et désireuses de croire aux mythes des NTIC, mais la rigueur est à ce prix.

J'ai déjà écrit sur cela, et un ouvrage, déjà cité par Richard, fait (j'espère) le point sur tout cela: Mesures de l'internet.

Si besoin est, je puis donner plus de détails (mais Richard connaît les gens qui peuvent travailler en ce sens). Mais pas avant un mois, car là je suis en pleine phase de candidatures.


De Claude Virlogeux

Pour montrer qu'il n'y a pas de volonté de mainmise des collectivités locales et territoriales, ma première proposition (qui n'est d'ailleurs pas de moi) concernera le "territoire hospitalier".

Je suis saisi d'une demande d'une association qui met à disposition d'enfants hospitalisés des ordinateurs, un accès au Net, une plate-forme de travail collaboratif qui souhaiterait être présente à Autrans avec des médecins, des infirmières, des enseignants spécialisés et des éducateurs. Les formes restent éventuellement à définir. Ils adopteraient la formule d'une rencontre physique d'un réseau associé à l'évènement rencontres.

Beaucoup de travaux ont été consacrés à l'accès des handicapés au net (physique, sourd, aveugles...). Le territoire hospitalier n'est pas sans intérêt non plus, surtout pour les patients traités en longue durée (encore que même les courtes durées peuvent y voir un avantage. Au-delà du territoire hospitalier, est également posée la question des centres de séjours pour polyhandicapés, les maisons de retraites et, pourquoi pas les maternités....

Quelques questions en cours parmi d'autres :

  • les modes alternatifs (wifi, cpl...) changent-ils la donne dans la mesure où ils évitent de lourds investissements que l'hôpital ne peut fournir ?
  • l'ouverture sur le net peut-il avoir un effet thérapeutique (au moins au niveau du moral) ?
  • quels usages et quels services privilégier, quel accompagnement en fonction des âges, des pathologies ?
  • quels retours d'expériences des médecins, des personnels, des administratifs, voir des malades et des familles ?
  • les familles et l'accès public...
  • Internet doit-il faire partie de l'offre hôtelière comme la télévision par câble, la radio local (ex: Trousseau) ?

Y-a-t-il d'autres questions ?

De Jean-Michel Yolin j'en vois une : la possibilité de l'hospitalisation à domicile grace aux progrès de la télésurveillance et la possibilité de sortir plus vite en créant une communauté médicale hopital+toubib_de_ville+infirmière+aide soignante. l'Hopital a toujours été un territoire, parfois un peu "concentrationnaire" (au sens propre du terme) grace à Internet on peut appartenir à plusieurs territoires simultanément : la ville et l'hopital Je pense que tant sur le plan thérapeutique que financier il y a là des pistes à creuser...

Commentaire de Jean Pierre Pinet

Si cette proposition trouvait écho (et réalisation), je trouverais cela éminamment intéressant. L'ensemble du domaine du "social" est concerné par diverses applications autour de la communication, de l'information,... Je trouverais très intéressant qu'Autrans (selon des formules à définir, entre autres en termes de coût pour les organisations) puisse aussi offrir l'occasion de se rencontrer à se niveau-là.


Deux contributions sur le thème "des communs" :

  1. Le dernier livre de Lawrence Lessig "Free Culture"qui peut-être acheté ou récupéré sur le web au format pdf
  2. Un congrès à Berlin: WIZARDS OF OS 3 - The Future of the Digital Commons

International Conference
June 10-12, 2004
Berlin Congress Center

Digital networks are the fertile soil on which commons-goods like free software grow. Since a few years, groups all over the world enabled by new wireless technologies are beginning to turn the network itself into a commons: it grows collaboratively, and in free agreement among equals. New technologies remove the bottleneck of distribution of cultural goods. Free access to networks and to information comes within reach of all.

The conference "Wizards of Operating Systems 3" (WOS 3) has its foundations in the grand liberation movements in the realm of knowledge: free software, free networks, and open archives are among the topics of this year's conference. The WOS is not about problems but about solutions.

Wikipedia is such a success story. The freely accessible and editable by all online encyclopaedia, thanks to the co-operation of hundreds of thousands all over the world has in only four years brought forth half a million articles. It is therefore not only the largest encyclopaedia of all, also in quality it measures up to the commercial competition.

The movement for free access to scientific publications brings back a fundamental principle of science: collaborative scrutiny of and building upon a common wealth of knowledge.

Just like free software, free content needs a license that expresses and protects this freedom. We are therefore very happy that the Creative Commons will launch the German versions of their licenses at WOS 3.

"The principle of Western science, the principle of free software, and the principle of non-exclusion are the path of development for the twenty-first century," writes New York law professor Eben Moglen, who will be giving the opening keynote at WOS 3. Other speakers at WOS 3 include Lawrence Lessig, law professor at Stanford University and founder of the Creative Commons project, Jimmy Wales, founder of the free online encyclopaedia Wikipedia, and Armin Medosch, author of a book on free WLAN networks.

While WOS 1 (1999) focussed on free software, WOS 2 (2001) asked how this success model can be applied to other forms of knowledge. WOS 3 picks these threats up and goes beyond them, providing a forum for a powerful movement for the establishment and protection of a digital knowledge commons. Free software was only the beginning of the path to a wealth of knowledge for all.

Pour plus d'info http://www.wizards-of-os.org


Xavier De Mazenod :

C'est bien de s'y prendre tôt pour le programme ;-) Le thème est tellement vaste qu'on peut tout y mettre : les deux premiers paragraphes sont précis et cadrés mais à partir de la définition du troisième on peut aborder à peut près n'importe quel sujet... Surtout si on part aussi du côté de l'intelligence collective. C'était un peu le problème d'Autrans 2004. Trop de sujets passionnants dans tous les sens et pas la possibilité de tout suivre ;-) Ne faudrait-il pas "resserrer" un peu ?

Jean Pierre Pinet :

Juste une question "innocente" à laquelle le thème proposé me fait penser : ne serait-ce pas l'occasion pour inviter des acteurs locaux du sud ? Penser la francophonie plus large que nos "territoires occidentaux" ?

oz :

Bien sûr le thème est riche mais que l'on se garde bien à cette occasion de resservir la soupe aux institutions territoriales de l'ancien monde (qu'elles aillent se faire foutre comme disait l'autre Barlow !) qu'elles soient morinisées ou ségolénisées c'est du pareil au même ! Paraphrase : nous ne nous reconnaissons pratiquement pas dans les territoires constitués, qu'au mieux nous adoptons par intérêt pratique, tout en les débordant. Notre spatialité est de deux ordres : le réseau et le lieu. Le réseau, précisément pour ce qu'il autorise de transgression des limites et des distances, deux constitutifs du territoire que nous dévorons. Le lieu (quel que soit sa taille, son étendu), pour ses ressources, en particulier symboliques et emblématiques. La géographie n'est pas morte, mais à la finitude du territoire (le droit du sol dont nous nous libérons enfin après en avoir heureusement terminé avec le droit du sang) succèdent l'ouverture du réseau, combinée au génie des lieux (le génie singulier des lieux qui favorise telle ou telle pratique collective).

Avant : le temps mort où l'identité était si fortement territoriale (au point de déclencher la guerre) ; après : la vie, quand, pour exister, l'expérience d'un lieu ouvert de reconnaissance mutuelle, l'appartenance à un réseau planétaire, vaut mille fois plus.

(paraphrase d'un texte de Martin Vanier qui dirige à Grenoble le Laboratoire Territoires de l'Institut de Géographie Alpine / [l'intégrale de l'article à lire ici]

Juste pour crier gare à ceux qui, euphorie régionale oblige, penseraient avoir trouvé dans le thème d'Autrans 2005 une vache à lait facile chez les nouveaux gardiens du vieux monde territorial



Jacques Chatignoux
"Solennel !!"... toujours la formule aussi exclusive de la pensée des autres... m'sieur oz ....
A Autrans 2004, il avait été question d'être plus près des gens... et de faire une manifestation davantage éclatée justement en des territoires, n'est-ce pas Arnaud. Qu'en est-il à ce jour ?
Au titre "Le territoire de l'Internet--L'Internet des territoires" proposé, je substituerais plus volontiers "Territoires de l'Internet--Internets du territoire". Je pense que la pensée qui se voudrait dominante et exclusive (type l'auteur du mot "solennel" ci-dessus) est une vision réductrice du monde ; même celui en mouvement. A l'inverse il y a des territoires de l'internet, diversité des lieux de pratiques, des communautés qui font des territoires etc ; et aussi des internets au sein d'un même territoire (ce dernier n'étant pas que géo-administratif) car chacun pratique la chose à sa façon tout en participant d'un même groupe social. C'est bien ce qui avait été dit, et il est dommage de ne pas faire le lien : les réseaux de personnes... cela conduit à des pluriels tant pour l'internet que pour le territoire. La diversité sent toujours bon l'avenir et et la réussite des sociétés. Justement c'est la diversité qui est un bien commun... L'interconnexion des réseaux, c'est alors l'interconnexion des diversités !

De Jean-Michel Yolin

une démarche possible serait d'examiner comment internet ouvre de nouvelles possibilité à la fois pour les communauté de proximité géographique et de proximité d'intérêt (économique, tribal, culturel, affectif,...)

Il me semble que l'on peut avoir d'une part une démarche cartésienne

  • qu'apporte-t-il? : baisse des coûts, effacement de la distance

physique, capacité de mémoire "exploitable",...

  • que rend-il possible qui ne l'était pas avant?
  • quels sont les nouveaux besoins dans un monde plus éduqué, plus

déraciné, plus rapide, ...

  • qu'est ce qu'il devrait apporter pour le meilleur et pour le pire

Et une démarche bottom up, expérimentale : qu'observe-t-on concrètement, comment ça évolue, les best practices et les pathologies, que peut-on anticiper (Ben Laden / NSA, Wiki de Vaour, X-Tunisie, réseaux Mesh mobiles, entreprise étendue,..)

Conclusions (propre à chacun ou collective) : et maintenant quelles initiatives prendre?


De Georges-Yves Kervern

le reseau des villes- le vrai- existe depuis plusieurs années voir le site (400 VILLES) et le site ( 120 Villes). Beaucoup de gaulois hexagonaux lancent des microreseaux qui ne sont pas du tout à l' echelle des 2 reseaux Eurocities et Telecities.


De Richard Delmas

En complément des remarques pertinentes de jean-michel :

A mon sens il serait nécessaire de baliser le champ des possibles d'Internet selon les échelles de territoire et les activités publiques ou privées. Les géographes peuvent nous y aider ainsi que les décideurs et praticiens locaux. Ces observations pourraient nous aider à concevoir les diverses formes du monde commun de l'Internet que nous recherchons

La richesse des ateliers du passé nous incitent à capitaliser sur les savoirs pour aller de l'avant. Il s'agit de progresser vers un paradigme différent de l'Internet, articulé autour des représentations et des besoins de chaque territoire. Et donc moins global, moins anglo-saxon, moins hiérarchisé, plus ancré dans les pratiques et contenus locaux.

L'initiative à prendre serait donc d'alimenter listes et sites en vue de dégager et de hiérachiser d'ici janvier prochain quelques axes majeurs autour du bien commun vécu à l'échelle des territoires, cité, région, pays, continent, :

  • gratuité de certains services, liberté de mise en ligne des contenus,

modes d'expression plurilingues, décentralisation de la souveraineté pour la gouvernance, etc.

Et ce qui est essentiel, en parallèle, c'est de faire mieux connaître l'ambition et l'originalité de la démarche historique d'Autrans comme exercice unique, bien que limité, entre acteurs d'origines et de responsabilités diverses, de l'écolier au ministre...


De Michel Fauchié en parallèle :

Pourquoi ne pas faire appel à quelques "sages" qui étudient depuis de nombreuses années ces thèmes des réseaux et territoires , je pense à Bernard Corbineau, directeur du DESS MITIC à l'U de Marne la Vallée qui travaille depuis 1978 sur la société de l'information et la société de la connaissance, avec des professionnels, sur de longues périodes de rencontres. Un tel ppoint de vue n'aurait-il pas le mérite de "relativiser" la problématique des "nouveaux" territoires (qu'ils soient réels ou virtuels) pour s'attacher en effet à nous recentrer sur l'essentiel ?


De Jeanmarc Raina

Le sujet retenu pour Autrans 2005 est au cœur du fait Internet. En effet, le territoire m'apparait comme un des deux enjeux majeurs de la mutation sociale que l’on devine en cours (nous ne parlons pas ici des bio-technologies). Le deuxième étant à mon avis le multimedia. Au croisement de ces deux thèmes, une finalité aisément envisageable des réseaux numériques : les territoires virtuels (certains parlent d’image habitable à terme).

Autrans est certes un lieu de réflexion sur les TIC, mais j’y trouve tout son intérêt dans les réalisations concrètes qui peuvent s’ensuivre. Pour cela, je m'attache par principe à la valeur opérationnelle des concepts, ces derniers devant clarifier les champs de l’action, et non la ralentir. J’aime beaucoup cette maxime : ‘’agir en homme de pensée et penser en homme d’action’’.

Je trouve ainsi utile de considérer deux types d’espaces pour l’action seulement : géo-localisé et a-localisé.

Le premier existe depuis toujours. Les enjeux concernent ‘’Internet DANS les territoires’’ : diffusion des outils et usages dans les populations, e-services citoyens.

Le second est lié à l’Internet et au multimedia . L’enjeu devient ‘’Internet COMME territoire(s)’’ : création des liens territoriaux local / distant, mise en place des espaces virtuels de coopération et d'échange.

On peut par ailleurs songer à la ''révolution Internet" comme à une combinaison de ces deux innovations pour alimenter réflexion et action :

l’agriculture : société en réseau, société mobilité <-> société sédentarité

la redéfinition de l’appartenance et des règles communautaires

l’émergence de territoires virtuels (co- élaborés en permanence)

le temps numérique ?

le territoire décentralisé

les tâches collaboratives ou coopératives

de nouvelles dimensions des cités et citoyennetés

néolithique

l’imprimerie : société de l’information / communication, supports multimedia et à terme univers virtuels tri-dimensionnels (révolution scripturale)

la décentralisation suppose des flux d’échanges d’informations permanents -> diffusion

l’information est multimedia

une mémoire des individus et des communautés est en ligne

IA et logiciels nous assistent dans les tâches “ relativement sottes ” ou répétitives

oral -> écrit (+ -> multimedia) : entre autre substitution du savoir fixé / analytique / rationnel à tradition et superstition (cf T)

portabilité -> objet personnel -> développement de l’individualisation (CRM, produits manufacturés personnalisés)

A chacun des deux espaces (géo-localisé et virtuel ou a-localisé) ses outils et buts dans le cadre d’un projet TIC au service des populations. J'insiste sur cette notion de BUT, qui à mon avis est fondamentale dans le cadre de l'utilisation de l'Internet et des dispositifs multimedia (fort pouvoir d'addiction), et peut être encore plus dans le cas particulier des espaces de coopération en ligne de type Wiki par exemple. Quant aux BUTS que doivent servir les initiatives publiques en matière de TIC... :-)

Bref... autour de ces rapides considérations, et en restant dans les limites de ces cinq catégories assez classiques, quelques axes de travail possibles.

Economie :

.impact de l'Internet sur les territoires de l'entreprise (les marchés en ligne ou virtuels, la guerre de l'intelligence économique, le client dans le processus d'élaboration de l'offre)

.l'organisation interne des structures de travail et de production (outils collaboratifs, fonctionnement en groupes de projets éphémères, délocalisation)

Politique et enjeux sociaux :

.le temps pour une démocratie consultative ? (un peu tôt pour une démocratie participative -y songer toutefois au niveau local- ou a fortiori directe) : comment ? :-)

.administration électronique, dématérialisation des supports administratifs, autres leviers (organisationnels) pour une plus grande efficacité et une baisse des dépenses publiques

.décentralisation supposant des flux d'information permanents à mettre en place entre les territoires pour une coordination intelligente de l'action dans les ensembles territoriaux (suppression des doublons, synergies)

.le rôle des epn et autres lieux publics géo-localisés d'accès aux TIC dans le cadre de la politique des villes, de la mise en place d'une démarche consultative intégrant également les populations difficiles (cette nouvelle implication, bien menée, comme un moyen de répondre à la violence et au rejet de la société, au désengagement par rapport au vote, etc)

Artistique :

.place des arts numériques dans les lieux d'exposition (problème de l'interactivité, de l'éphémère, de la lourdeur de certains dispositifs techniques, de la relative froideur des écrans (dispositifs d'immersion non encore prêts)

- Les arts numériques sont aussi les héritiers du situationnisme et de l'art conceptuel, ils peuvent être excessivement légers et evanescents. yann
- yann, je suis pas certain de comprendre ce qui sous-tend ta remarque :-) Parles-tu de cette idée de fin de l'histoire de l'art ? Reste tout de même la question du dispositif de présentation (ou plutôt expérience !) de l'oeuvre, qui à ce jour est bien frustrant en rapport de ce que les artistes numériques sont capables d'imaginer... jmr

.univers virtuels (l’aboutissement prévisible de la révolution technologique que nous vivons ?)

.les jeux vidéo en ligne, les mondes persistants, comme terrains d'expérience pour les univers virtuels à visée utilitaire à venir (10-15 ans?)

- hum, avec de la réalité augmentée alors ? yann
- que la réalitée soit augmentée (les experts étant alors les marines Us en Irak et en combat de nuit... :-o ) ou 100% virtuelle comme dans les laboratoires à ce jour, le questionnement et les enjeux restent fondamentalement les mêmes à mon avis. jmr

Sociologiques :

.communautés virtuelles (géographiques, thématiques, culturelles et ethniques) et imbrication avec les communautés (au sens large) que nous connaissons

.interactions local < ------ > distant et conséquences sur les limites des territoires d'action

Educatifs et cognitifs :

.complémentarité entre éducation scolaire actuelle et lieux d'accès publics aux TIC (Epn...) : modalités, représentations mentales et compétences à construire

.nouvelles compétences à transmettre pour un usage éclairé des réseaux multimedia, et qui semblent fondamentales dans cette phase actuelle d’appropriation des outils et de leur potentiel, particulièrement par les populations non encore équipées :

1- la capacité à élaborer une représentation mentale claire et fonctionnelle des structures d’information et des principaux outils et concepts de l’Internet et du multimedia

2- l’autonomie et la responsabilité face aux possibilités de participation et collaboration qu’offrent l’Internet et les réseaux décentralisés.


De Dominique Guardiola

La séparation géo-localisé et a-localisé me plait assez. Par rapport à l' ‘’Internet COMME territoire(s)’’ vous évoquez principalement possibilité de création de liens distants, de tunnels de communication autrefois plus ardu à mettre en place.
La couverture "sémantique" du monde réel que peut avoir le web aujourd'hui constitue également un territoire à part entière : que l'on parle d'un sujet d'actualité ou des activités économiques présentes sur une zone géographique donnée, l'oracle Google dessine un continent délimité qui représente le taux de superposition actuelle du territoire Internet sur le sujet en question. Un territoire parallèle, superposé aux choses, aux lieux et aux êtres est en train de se former; Et on accorde parfois plus de crédits à ces informations numériques, on voyage et on se renseigne d'autant plus sur le Territoire Internet qu'on est éloigné physiquement du lieu exploré, du vrai territoire.

Ce territoire Internet, réalité sémantique parallèle qui recouvre progressivement notre monde, le complète et le dévoile un peu plus aussi, correspond au Cyberspace "citoyen" de Barlow, pas à celui de Gibson (exclusivement virtuel et entièrement basé sur de nouveaux paradigmes) : la réalité impose tout de même sa géographie au Territoire Internet, qui, tant qu'il n'aura pas arpenté chaque hectare du "vieux monde" ne sera toujours que son double numérique...
D'ailleurs ou en est l'invitation de JP Barlow ???

On n'a pas réussi à inviter JP Barlow. J'ai lu vos textes, cela mériterait un véritable article le rassemblement des contenus de cette page bo

Dominique, j'ai lu avec intérêt votre texte ci-dessus. Peux t'on dire à votre avis que la réalité sémantique parallèle que vous évoquez (j'aime assez cette image), repose d'une certaine manière sur une réalité lexicale (les outils du net) et syntaxique (leurs usages) propre ? Vous employez le terme de double numérique. Sur ce point par contre, je reste dubitatif. Le numérique étant "bouleversifiant" pour chacun de nous, certes nous fonctionnons beaucoup encore par analogies avec ce que nous connaissons (d'où le double). Quelques formations que j'ai donner sur ces choses là mont montré que ces analogies sont bien souvent indispensables, mêmes si imparfaites. Mais la nature du numérique (net, VR, etc) n'est elle pas un nouveau territoire virtuel (ou en puissance pour mettre tout le mobnde d'accord :-) ). Alors plus de double, mais une véritable création ...? Pour finir, la perspective que vous évoquez (cf tant qu'il n'aura pas arpenté chaque hectare du "vieux monde") me laisse songeur. A suivre :-) jmr

De Jeanmarc Raina
Un monde digital : Internet . Ci dessous deux interventions d’Attali et Gaillot retranscritres d’une soirée thématique diffusée sur Arte en Décembre 1996. Film réalisé par l’excellent Martin Meissonnier.
Attali propose comme à son habitude une flamboyante analyse à la volée, qui certes peut ne pas faire l’unanimité, mais est je pense à prendre en compte.
Gaillot, “ puni ” pour prise de positions “ hérétiques ”, a “ pris place ” dans un diocèse a-localisé, Partenia ; cette expérience est je trouve riche en enseignements.

M. Jacques Attali
Le net a trait à la fois avec un phénomène de gigantisme et un phénomène d'individualisation. Ca renvoie à une expérience qu'on a à peu près identique avec l'invention de l'imprimerie. Quand l'imprimerie est apparue, tout le monde avait cru que ça allait entraîner une victoire de l'Eglise, et de la papauté, et une victoire du saint empire romain germanique parce que ça allait permettre une domination de la Bible et une domination du latin qui allaient écraser les autres. En réalité, 50 ans plus tard, il y avait eu le protestantisme, parce que comme tout le monde avait pu lire la Bible imprimée, on n'avait plus besoin, pour une partie des croyants, de passer par l'Eglise ; et comme le latin avait été non seulement mal imprimé, mais qu'on avait fait les dictionnaires latins avec les langues vernaculaires, le latin a disparu et on a vu apparaître toute une série d'indépendances et de nationalismes.
Donc une expérience comme l'imprimerie est très intéressante parce qu'elle montre qu'une innovation qu'on croyait centralisatrice a été fantastiquement décentralisatrice. Le net, ça va être pareil. Ca va sans aucun doute créer les conditions d'une accélération de la décentralisation, et en même temps de l'émergence d'ensembles qui seront des tribus hors espace, c'est à dire des tribus qu'on peut dire virtuelles pour faire court, mais surtout des tribus qui seront des rassemblements de personnes qui n'ont pas seulement en commun, ou pas en commun un territoire, mais autre chose. Par exemple, très simplement, les diaspora sont des exemples extrêmement intéressants de ce genre de rassemblements : des gens qui ont quelquechose en commun mais qui n'habitent pas au même endroit. Et le net va être l'instrument majeur de toutes les diaspora pour les rassembler, et pour permettre aux gens au fond d'appartenir à plusieurs ensembles. On pourra grâce au net être électeur à Florence parce qu'on y a habité, mais en même temps voter en France parce qu'on y habite, et s'intéresser à être supporter d'une équipe de football américain parce qu'on y a vécu aussi.
Donc on pourra avoir une sorte de multi-appartenance généralisée. Ce qui renvoie vraiment non pas à une fin de la démocratie, mais à une démocratie à n dimensions et non pas à deux dimensions. Deux dimensions, ça voudrait dire la démocratie telle qu'on l'a conçue jusqu'à présent sur un territoire donné. Là au contraire, je crois qu'on va avoir une démocratie à n dimensions parce qu'on pourra chacun d'entre nous appartenir à de très nombreuses tribus. J'emploie volontairement le mot tribu parce que ça renvoie plus au voyage qu'à l'enracinement. Et il va falloir penser celà. C'est pour ça que ce qui commence avec par exemple le vote des étrangers en Europe qui peuvent voter dans d'autres pays que ceux dont ils sont citoyens est le début de ce commencement de cette démocratie à multi-niveaux.
Mais il est hors de question d'imaginer qu'on pourra stabiliser les nations anciennes. Cà, elles vont exploser. Et ne pourront tenir que les peuples capables d'inventer, et de tolérer même en terme de démocratie, cette multi-démocratie. Et c'est pourquoi le nationalisme rétrograde qui veut en quelque sorte limiter la nationalité à quelques uns est vraiment hors du temps de ce qui va venir.
Un autre exemple montre bien que les nations ne seront pas à la hauteur. Les transactions financières sur le marché mondial sont aujourd'hui de 1,3 trillions de dollars, c'est à dire 1300 milliards de dollars. Et encore ce chiffre change tous les jours. Parce que il y a 5 ans c'était 900 milliards de dollars, et dans 5 ans on approchera les 2000 milliards de dollars par jour. Face à çà, les réserves des banques centrales ne sont même pas de 1000 milliards ; elles sont de 900 milliards de dollars. Ce qui veut dire qu'en fait les réserves des banques centrales sont aujourd'hui 500 fois inférieures aux transactions financières. Et elles vont être encore moins grandes. Donc les états ne sont plus à la hauteur des enjeux. Ce qu'il faut, et ce qu'il va falloir maintenant mettre en place, c'est cette démocratie multi-dimensionnelle, qui je l'espère ne sera pas faite (je rajoute “seulement” - jmr) par des entreprises, qui vont avoir intérêt à le faire d'ailleurs, en créant des clubs de membres de ceci ou de cela.
Et en celà d'ailleurs une des grandes valeurs marchandes de l'avenir seront des fichiers de membres de tribus. Fichiers par exemple de membres de la communauté des chinois de la diaspora, ou des amoureux des hortensias blanches, ou toute forme de club, qui seront essentiels pour créer des marchés pour les entreprises. Et je crois que l'important de demain, c'est d'imaginer que des institutions puissent se mettre en place hors marché pour rassembler des membres d'une tribu.
Il est vraisemblable qu'aucun gouvernement, aucun parti politique, aucune institution internationale ne résistera à une telle mutation. Peut-être peut-on imaginer qu'ensemble les Etats Unis, l'Europe et la Chine, qui seront les deux trois grandes puissances de demain, arrivent à fixer quelques règles. Sinon ne survivront que ceux qui individuellement sauront être des nomades multi-dimensionnels......................... Voilà...

Monseigneur Gaillot
“Internet va s'imposer, et la société en sera modifiée profondément, car ça introduit une culture des réseaux ; réseau horizontal se tissant sans passer par les pouvoirs, par les hiérarchies. Il n'y a pas de centre !”
Nommé évèque titulaire du diocèse virtuel Partenia (diocèse n'existant plus depuis le Ve siècle, donc pouvant se situer “partout”, n'ayant pas de frontière ; il se trouvait à l’origine en Algérie).
Il reçoit 300 000 visiteurs par semaine sur son site, où sont organisés des débats, diffusés des documents, ...

Dernière modification le samedi 19 mars 2005 20:38:06