
Conversations préparatoires à la table-ronde sur la fracture du savoir.
Bonjour, de Bruxelles
En effet l'idée peut se décliner selon de nombreux thèmes. Je pense qu'il faut essayer de concentrer l'approche sur Internet et ses outils : ce qu'ils apportent, les mesures, comment ils sont prescrits, appropriés et quels sont les grands enjeux non-dits.
Pour cela Eric Guichard peut contribuer utilement à éclairer la dimension cognitive de la fracture, vision ENS, en lui donnant une inscription spatiale : les cartes de cybergéo qu'il a développé avec des équipes de géographes sont lumineuses. Il y a bien fracture dans le temps et dans l'espace. Donc, avec d'autres, Daniel Malbert, ATD, des géographes du web, Eric pourrait ainsi apporter un éclairage non conventionnel au débat, de nature à inquiéter nos certitudes et ouvrir un espace de débats sur entre autres, je le cite : "Sur le theme de la fracture cognitive, je pense aux difficultes rencontrees par le grand public pour chercher de l'info fiable, utile, ad hoc sur le web. Aux formes d'abandon de l'internet, aux sous usages des logiciels et systemes d'exploitation. A relier avec la fragilite de Windows, la multiplication des virus, et a la convergence intenret-TV de masse (a se demander si la malmaitrise de l'internet n'est pas souhaitee par les vendeurs en ligne et les medias classiques)."
A +
Richard Delmas
L'idée a été proposée par Richard Delmas. Elle me semble à creuser. Il est en effet difficile de parler de l'Internet des connaissances sans parler de la fractrure qu'il peut créer dans la diffusion des connaissances. Eric Guichard aurait des choses à dire, ainsi que les volontaires d'ATD Quart Monde qui viennent régulièrement à Autrans.
Les discussions sont donc ouvertes sur cette table ronde possible. --Bruno Oudet
L'intérêt peut certes être dans la fracture, qui existe déjà depuis longtemps dans la société (combien d'illettrés en France aujourd'hui ?). Comme des études l'ont montré sur la révolution industrielle à la fin du XIXème siècle, cette révolution peut accroître (ne fusse que temporairement) le nombre de laissés pour compte. Mais ce qui pour moi serait intéressant, ce n'est pas seulement de décrire la fracture, entre Nord et Sud, au sein des sociétés,... mais plutôt que ces technologies servent à la réduire. Internet, plus librement que dans un contexte universitaire par exemple, permet de croiser des savoirs, ceux nés de la vie, de l'expérience avec d'autres, issus par exemple de la recherche. Nous l'avons fait. Cela a conduit, par exemple, à se rendre compte que "le temps" n'a pas le même sens si on est à la rue, dans une administration ou à la tête d'une entreprise... d'où beaucoup d'incompréhensions... Mais pourquoi ne pas inviter des personnes qui ont connu la misère pour en parler elles-mêmes ? Là, ce serait une innovation ! -- Pinet Jean Pierre
As tu l'idée d'une ou deux personnes?? --Bruno Oudet
Il y aurait les auteurs d'un programme de recherche commun à plusieurs universités françaises et au Mouvement Quart Monde, ayant publié "le croisement des savoirs" et "le croisement des pratiques"... mais cela demande à être confirmé. Pinet Jean Pierre
Bonjour, je travaille en tant que rédacteur en chef de service-public.fr notamment, et ca m'interesserait de partager mon expérience dans le domaine de la fusion entre information et communication publique en ligne. C'est un enjeux qui me semble interessant : les sites internet publics doivent-ils s'orienter vers la communication, c'est à dire correspondre à une stratégie servant en premier lieu à l'organisme émetteur, ou bien expérimenter la voie de l'information (porter un fait à la connaissance du public)... A mon humble avis, les sites publics peuvent contribuer à réduire la fracture du savoir.... Philippe Baret
Je suis persuadé, comme je l'ai dit à Besançon, lors d'une étape du Tour de France des Territoires, que le service public, en se "numérisant" peut soutenir les efforts de personnes qui veulent, par exemple, sortir de la misère. Des familles que nous avons interrogées (dans la région de Nancy et celle de Brest) nous questionnaient beaucoup sur le fait de "connaître leurs droits", citant en cela une brochure de la CAF informant les allocataires de leurs droits. Des sites existent sur "les droits" mais il reste encore sans doute un effort à faire pour qu'ils soient effectivement un outil pour les gens sans doute en collaboration avec des services sociaux et les usagers... La connaissance et l'information des droits (y compris pour les publics utilisant peu les TIC) ne sont-ils pas un premier pas vers une communication... qui permettraient un dialogue autour des questions "pourquoi m'a-ton coupé telle allocation ?" - "A quoi ai-je réellement droit ?", etc. Pinet Jean Pierre * * "un outil pour les gens sans doute en collaboration avec des services sociaux et les usagers...", j'adore cette idée, si l'on pouvait en parler plus longuement et développer une réflexion là dessus, je suis partant ! Philippe Baret
A la mousse d'hier (20 novembre) nous avons parlé de la table ronde fracture du savoir. Et nous avons proposé l'idée de faire parler deux aniamteurs de points d'accès multimedia qui ont des expériences avec ce public. La table ronde se déroulerait le samedi matin. Qu'en pensez vous? Bruno Oudet
C'est une bonne idée. Personnellement, et tu comprends pourquoi, je serais favorable à ce que les participants (combien sont prévus en tout ?) soient des personnes "de terrain" effectivement en lien avec des populations pauvres. Si on veut aller au bout de l'idée qu'Internet soit vraiment pour tous, il faut pouvoir aller jusqu'aux plus pauvres. Par ailleurs, je réfléchis toujours à ce qu'on pourrait "construire" de positif qui lutte durablement contre cette fracture du savoir qui est loin de n'exister que sous forme de "digital divide". --Pinet Jean Pierre
La fracture du savoir reléve aussi de celle, moins vaste mais tout aussi vraie de la fracture des générations, voir de la fractures des compétences cognitives mobilisabel par chaque être humain. Dans mon métier cela s'observe tous les jours dans la gueguerre entre partisan de Microsoft Office, partisans de Dreamweaver, partisans de PHP et partisans de Zope.--Stefan Jaffrin
Comme me disait Bruno, il vaut mieux éviter "fracture" et parler du fossé des connaissances. J'aime bien aussi l'aspect constructif. La fracture sociale existe, en dehors de la "bulle" des nouvelles technologies. Mais ce qu'elles apportent, c'est ce type de liens vécus autrement (on parlait précédemment de réseaux de personnes) qui pourrait permettre de dépasser la fracture sociale, le fossé des connaissances pour agir sur le réel, retisser la cohésion sociale. On pourrait alors aller du fossé des connaissances à leur croisement, ce qui, pour le moins me semble une perspective d'avenir enrichissante pour tous : le savoir augmente en s'échangeant.--Pinet Jean Pierre
Voilà, voilà, le mot est lâché me semble-t-il, le savoir augmente en s'échangeant. On peut citer alors le rôle de l'enseignement national dans la diffusion des savoirs sur Internet, les difficultés techniques d'accès au contenu du web, de la participation de chacun au contenu de l'Internet, de la philosophie du libre basée sur le don, de la fracture géographique et sociale, de l'essor des logiciels sociaux, de l'importance des webzines participatifs, de la diffusion des données publiques, etc... En gros, il s'agit de la diffusion, de l'autoproduction et des difficultés d'accès... Et il exite des solutions... Pour service-public.fr, je suis prêt présenter un bilan et essuyer les critiques pour avancer.. j'ai aussi quelques contacts à la Datar pour la fracture géographique, à l'éducation nationale, dans le libre et l'autoproduction de l'info.. Philippe Baret
Je reprends le fil des échanges, à partir de l'introduction de Richard et des diverses contributions. Je pense que c'est un thème qui peut vraiment interesser les gens, et mettre en valeur la dimension mythique (idéologique?) des discours relatifs à l'internet. Mais qu'il faudrait faire cela à partir d'enquêtes, auprès des pauvres ou moins pauvres, éduqués ou pas (je reste sensible, comme SJ, aux méfaits de la dictature de l'inculture type Windows et clickodromes). Au sujet du titre, pour eviter "fracture ou fossé", pourquoi ne pas choisir "savoirs et territoires"? Cela induit l'idée d'une autre ségrégation possible, la ségrégation spatiale (en France, dans le monde), et, comme le fait remarquer Richard, on peut produire des cartes parlantes. Et introduire la dimension cognitive, sans pour autant apparaître militant.
Je peux, avec vous, mettre cela sur pied si nécessaire. Je pense avoir pas mal de contacts.
Bien amicalement Eric
Bonjour Eric, sans monopoliser la page wiki et dans un soucis de construction, je suis aussi d'avis de construire une problématique concernant le savoir et l'internet autour de données concrètes concernant notamment la structure du réseau, ses nuances et ses points de force, (personnellement, j'ai tendance à me chauffer sur la seule dimension diffusion et interactions individuelles puisque c'est mon métier et ma passion), ces cartes sont-elles accessibles en ligne ? de mon côté, je suis prêt à participer à une enquête, moins scientifique que journalistique, pour illustrer le propos. Serait-ce judicieux de commencer à organiser cette page en paragraphes hypertextes, ne serait-ce que pour définir les termes abordés et proposer des témoignages ? De mon côté, je peux apporter mon expérience concernant le domaine étatique, le libre, et les outils de production de contenu si besoin est. Question : quelle est l'organisation concrète d'une table ronde, nous sommes assez limités en nombre de personnes je présume... Philippe Baret
De Bruxelles, encore complément à la proposition d'Eric Guichard ci-après pour "fracture des savoirs" une équipe interdisciplinaire métrologues-géographes est prête à débattre à Autrans de l'enjeu "brisure" avec cartes à l'appui.
"Je reprends le fil des echanges, a partir de l'introduction de Richard et des diverses contributions. Je pense que c'est un theme qui peut vraiment interesser les gens, et mettre en valeur la dimension mythique (ideologique?) des discours relatifs a l'internet. Mais qu'il faudrait faire cela a partir d'enquetes, aupres des pauvres ou moins pauvres, eduques ou pas (je reste sensible, comme SJ, aux mefaits de la dictature de l'inculture type Windows et clickodromes). Au sujet du titre, pour eviter "fracture ou fosse", pourquoi ne pas choisir "savoirs et territoires"? Cela induit l'idee d'une autre segregation possible, la segregation spatiale (en France, dans le monde), et, comme le fait remarquer Richard, on peut produire des cartes parlantes. Et introduire la dimension cognitive, sans pour autant apparaitre militant.
Je peux, avec vous, mettre cela sur pied si necessaire. Je pense avoir pas mal de contacts.
Bien amicalement Eric
Personnellement, je serais sensible à ce qu'il y ait un lien avec les réflexions précédentes à Autrans, en proposant "savoirs, réseaux et territoires" comme titre. Il me semble que ce sera les réseaux de personnes qui en interagissant réduiront la fracture du savoir.
Je suis maintenant quasiment assuré qu'un militant d'ATD Quart Monde, une personne qui a connu des situations très difficiles et a vécu un programme impliquant universités et personnes de terrain, "le croisement des savoirs" (voir par exemple
http://www.atd-quartmonde.org/europe/croise/savoir1.htm ou
http://www-droit.u-clermont1.fr/Actualites/Archives00/quartmonde2000/Texte.htm), interviendra aussi à la table ronde. Comme d'autres, elle est intéressée à ce que "cette fracture disparaisse". Pouvons-nous aussi -et ce serait l'intérêt du débat avec la salle- nous orienter vers des solutions possibles ?
amicalement, --Pinet Jean Pierre
Dernière modification le mardi 9 décembre 2003 20:23:38