
De Thierry Gaudin après une réunion avec Bruno Oudet et Daniel Kaplan
1- La manifestation de Hourtin a aussi choisi comme thème cette année, pour l'été 2004, les territoires. Elle affiche certains sujets proches d'Autrans, Internet notamment.
2- Il ne nous a pas semblé que c'était une raison suffisante pour changer le thème de 2005, ce qui serait techniquement possible car, le travail de préparation ayant commencé cette année plus tôt que d'habitude, il reste une certaine marge de manoeuvre.
3- Néanmoins, cette situation devrait nous amener à affirmer le positionnement d'Autrans, sa différence avec les autres manifestations dont les thèmes sont à première vue voisins, voire identiques.
Le positionnement d'Autrans est d'affirmer clairement les règles du jeu.
4- Il me semble que l'originalité d'Autrans devrait être affirmée dans la direction suivante: nous traitons les questions au fond, avec de vrais praticiens, et nous restons indépendants des lobbies.
5- Si cette orientation fait l'objet d'un consentement, c'est à dire ne suscite pas de protestations véhémentes sur le wi-ki ou la liste de préparation, on peut en tirer les conséquences suivantes :
6- L'apport principal d'Autrans sera de faire connaître des expériences exemplaires.
7- Pour aller au fond des choses, il faut que chaque expérience soit décrite en détail par un de ses acteurs, ou par un scientifique porteur d'une observation de terrain fondée ; il faut aussi prendre le temps de la discuter, en atelier ou en séance plénière (de l'ordre d'une heure)
8- Au stade de la préparation, il est important de repérer les expériences et les orateurs. Je dirais même que, au stade actuel, c'est l'essentiel du travail.
9- Par ailleurs, Autrans ne doit pas manquer d'aborder les sujets "chauds", en l'occurrence le brevet logiciel (plus généralement la propriété intellectuelle) et le wi-max, même et surtout s'ils donnent lieu à des confiscations par les lobbies dominants.
Les propositions de Thierry doivent donc se traduire, si j'ai bien compris, par le remplacement de la majorité (pour ne pas dire la totalité) des tables rondes par des pleinières avec présentation et discussion de une ou deux expériences. Cette suggestion me semble très pertinente car on s'était fatigué ces dernières années de ces tables dites rondes où la quantité des informations ne donnaient ni la place aux discussions, ni le temps d'approfondir le sujet.
je voudrais réagir au point 6 : ‘’ L'apport principal d'Autrans sera de faire connaître des expériences exemplaires.’’
Dans le processus d'action sur brest et de publication à l'OTV nous nous sommes beaucoup appuyés sur l'articulation "pionniers-diffusion-généralisation".
Donner à voir, faire connaître, relier ...
Mais aujourd'hui à une étape où Internet se diffuse largement dans la société, nous pouvons utiliser justement les outils du réseau : le web, ici une liste là, wiki ailleurs etc ..) dans notre propre travail par exemple pour "faire connaître des expériences".
Nous avons commencé à expérimenter dans plusieurs rencontres la publication avant la rencontre, autour du le débat et après dans les compte-rendus. Chaque année ce processus (I3C remics 2002, Autrans 2003, 2004, rencontres Fing, rencontres I4C, forum des usages Brest 2004) se renforce avec davantage de contenus en ligne.
Aujourd'hui en 2004, je pense qu'une étape a été franchie : les réseaux se densifient, les fils d'actu commencent à relier les réseaux, une veille coopérative se met en place ...
Michel Briand : ‘’Je perçois davantage la difficulté non dans la non connaissance des expériences mais dans la difficulté de compréhension du comment faire :dès qu'un projet apporte un saut qualitatif sur un sujet :’’
Prenons l'exemple de Tela-botanica.org, leur connaisance se diffuse vite: aujourd'hui wikipedia collabore avec tela-botanica, un contact a été pris avec un point sait tout, un autre avec futura-sciences.com, ecole et nature utilise l'environnement de tela-botanica ..
Daniel Mathieu a intégré le réseau d'expert de la fondation de France etc
Par contre ce qui est difficile c'est comment développer un projet :
* Pourquoi les arbres de connaissances, idée de qualité, projet privé au code secret n'a pas diffusé ?
* Comment créer une dynamique coopérative sur un territoire ?
*Comment passer de l'idée intéressante d'histoire positive de l'humanité à un projet coopératif concret ?
J'ai, nous avons besoin de travailler sur les difficultés de la coopération dans les services publics et les "puissances publiques" des administrations, dans l'économie fragile du secteur associatif ...
Dans nombre projets auxquels je participe (webtrotteurs des quartiers, réseau d'animation scolaire, megalis bretagne, a-brest, ecrit-public, creatif, I3C) ces questions de la capacité à coopérer , de l'organisation de l'envie de faire ensemble sont les facteurs essentiels de succès et d'échec.
Je voudrais donc proposer que l'angle d'analyse des expériences soit essentiellement méthodologique ce qui fait que cela marche, quelles sont les difficultés.
Pour avoir pris cette approche avec Jean Michel Cornu et Daniel Mathieu lors de notre atelier Autrans 2004 je pense que cet éclairage fonctionne.
Et la on a besoin d'une rencontre physique pour échanger, se reconnaître dans les difficultés des autres et commencer à élaborer sur ces méthodologies.
D'accord sur l'approche générale de la "ligne" Autrans telle que précisé au point 6.
En complément, et c'était l'objet de mon message précédent, je me demande s'il ne conviendrait pas que soit couvertes, comme pour les éditions précédentes, les problématiques de synthèse lors de sessions spécifiques.
En l'occurrence pour les territoires, il s'agit de l'architecture et de la topologie du réseau, des interfaces et modèles de diffusion, y compris au plan des réglementations nationales, européennes, internationales. Ils conditionnent l'évolution des plates-formes sur lesquelles les acteurs investissement tant au plan technologique que juridique et sociétal.
Ces thèmes sont en général peu abordés selon cet angle transversal à Hourtin.
Pour être concret sur le point 6, nous pourrions illustrer par quelques exemples précis des modèles locaux de fourniture de contenus en ligne, y compris de formation, venant de tout secteur, privé, public, associatif.
Mais aussi la tenue des registres numériques, je pense aux blocages actuels autour de la carte vitale et de la signature électronique, identification des objets, technologie du rf-id, qui intéressent au premier plan les secteurs distribution, logistique, routage, poste, etc.
Le travail de sélection des exemples devrait commencer relativement tôt, sans doute avant l'été afin d'avoir l'échantillonnage pertinent.
Effectivement notre Atelier consacré au développement économique local a fonctionné comme cela: la plus grande difficulté aujourd'hui ‘’n'est pas de savoir’’ ce qui nous parait intelligent de faire, ‘’mais comment le faire’’ et pour cela analyser les démarches qui ont permis de convaincre (... ou de nous amener à changer d'avis car il serait dangereux de partir du principe que nous avons nécessairement raison)
Toujours de Jean-Michel mais sur la particularité par rapport à Hourtin:
Je pense aussi que Hourtin risque de ne traiter la question des territoires qu'au sens étroitement géographique du terme et que là aussi nous devrions avoir un angle d'approche spécifique en partant d'un concept de "proximité" ou l’Internet neutralise largement la notion de distance : Autrans est le territoire qui nous réunit aujourd'hui dans la conduite de ce projet "Autrans 2005" alors que nous sommes qui à Paris, qui a Bruxelles, qui à Grenoble...
J'approuve particulièrement ces deux propositions:
L'orientation générale retranscrite par Thierry est courageuse; elle est cependant exigeante et risque d'entraîner des froissements de susceptibilité lorsque des projets intéressants portés par des quidams seront préférés à des baudruches portées par des notables, ce qui serait une conséquence logique; il faudrait à mon avis prévoir un mécanisme de sélection par décision collective pour diluer la paternité des choix qui fâchent et éviter que des personnes en soient rendues responsables individuellement.
De Jacques Chatignoux
Il y a plusieurs mois j'avais suggéré : "A Autrans 2004, il avait été question d'être plus près des gens... et de faire une manifestation davantage éclatée justement en des territoires, n'est-ce pas Arnaud."
-> les vrais praticiens ce sont les gens ;
-> les expériences dites exemplaires sont souvent en pure représentation (elles deviennent des bonnes pratiques !) alors que les expériences vécues sont racontées et partagées, même à distance ;
-> Hourtin n'est qu'un univers de représentation, Autrans pouvait être des vécus d'internets et territoires... mais pour cela il fallait accepter l'éclatement d'Autrans en une foumillière de territoires et de pratiques d'internet... donc privilégier l'esprit expérimental, voir un peu touffu d'Autrans et l'esprit rencontre mais décentrées... décalées.
-> Il fallait réintroduire les distances durant une semaine pour retrouver la proximité via le réseau.
Ce n'est pas le choix qui a été fait lors d'une Mousse au Hall's Beer. Dommage.
Comentaire de Bruno Oudet: les décisions prises lors des mousses ne sont qu'indicatives. C'est ce qui se passe ensuite qui est important. Ce que les gens font. Jacques, les portes te sont grandes ouvertes. Action. Je suis sur que l'équipe d'Autrans qui se manifeste sur le wiki (ou les listes de discussion) me semble tout à fait disposer à un éclatement d'Autrans en ''une fourmillière de territoires et de pratiques d'Internet comme tu dis. Pourquoi ne pas faire avancer tes idées sur la page Eclatement Autrans?
Bruno : une idée ne fait pas le printemps... et il ne suffit pas de créer une page wiki pour lui donner de la consistance. Une Mousse pour être crédible n'est pas qu'indicative. Elle traduit du vécu, de la gamberge, des orientations partagées ou non. Celle que je suggérais à l'époque n'avait pas été retenue comme telle. C'est un choix qu'on ne peut raccrocher sérieusement, et en professionnel, à 4 mois d'un événement. Jacques Chatignoux
Dernière modification le samedi 19 mars 2005 20:32:55