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Perrine Guillet

Rencontre EPN Mercredi 12.01.05

Le virtuel au service de la vie réelle

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Tableaux de rue

Explorer son quartier grâce aux TIC. Allier le travail de terrain et le multimédia. Voici les attraits du projet du Carrefour Multimédia de la Cité des Sciences et de l’Industrie. Une quinzaine d’enfants, âgés de 6 à 10 ans, ont parcouru leur rue, armés d’un appareil photo numérique et d’un dictaphone MP3.
Le but : rencontrer la boulangère, le cafetier… Bref, collecter des segments de vie, des fragments de l’identité du quartier. De retour d’excursion, la construction de la rue virtuelle commence. Les enfants peuvent repeindre les façades, les commerces, les immeubles par le biais de filtres lors de l’étape de mise en forme graphique. Un monde persistant s’esquisse. Images, animations : les ajouts envisageables sont multiples.
Une proximité assurée entre l’IRL et les possibilités offertes par les plates-formes multimédias.

Projet de Fabrice Lourie, Cité des Sciences et de l’Industrie.


Informations complémentaires :

  • La technologie utilisée est open source et gratuite. SCOL est une technologie qui permet de réaliser des mondes virtuels multi-utilisateurs proposant tout un panel de fonctionnalités de communication (chat, visio-conférence, forums, ...), d'interactivité (tableau blanc partagés, slide-shows, échange de fichiers,...) et de multimédia (incrustation dans la 3D de vidéos en ligne Realvideo, QT, et WMV, connexion Web Radio?,...). Pour avoir plus d'informations sur comment utiliser, développer, ou exploiter cette technologie, rendez-vous sur : http://www.scol-technologies.org et http://www.scolring.org.
  • Le projet Tableau de rue est un projet parmi un large panel de services et contenus développés par le Carrefour Numérique de la Cité des sciences à destination de tous les Espaces Publics Numérique (en considérant entre autre qu'une médiathèque ou une salle de classe le sont). Toutes ces ressources sont développées dans le cadre d'un projet Européen expérimental FEDER Actions innovatrices, et seront mise à disposition sur le site de la Cité des sciences et de l'industrie (ainsi que par le module d'échange de ressources d'EPNAdmin) d'ici la fin de l'année.

Pour plus d'informations, contactez Fabrice LOURIE à f.lourie@cite-sciences.fr

Le chat remplace la plume du poème

Lors de la fête de l’Internet, édition 2003, l’espace public numérique de la bibliothèque de Charleville-Mézières, a mis en place un atelier innovant. Instituteurs et animateurs ont travaillé main dans la main avec trois classes de CM.
Au programme des enfants : écriture de poèmes. Un exercice presque désuet qui trouve ici un nouveau souffle grâce au chat. Trois groupes d’enfants reliés par le net travaillent en pleine interactivité à la conception d’un poème. L’instituteur propose un mot clef. Printemps, eau, amitié… le thème évolue toutes les trente minutes.
Les enfants d’un groupe ébauchent un vers. De l’autre côté de la ville, l’inspiration se crée chez d’autres élèves. Trois poèmes, au total, seront mis en ligne.
« Chacun faisait une phrase. A la fin, ils ne voulaient plus s’arrêter » raconte Dalila Bengrishe, la co-fondatrice du projet. « Les instituteurs ont découvert chez certains élèves des capacités qu’ils ne connaissaient pas avant ». Une rencontre productive entre les nouvelles technologies et la littérature.

Dalila Bengrishe et Pascal Blum, EPN Charleville-Mézières. <<<<<<< Votre version


Atelier, jeudi 13 janvier

Coopération numérique

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Michel Briand, représentant de Créatif, ENST Brest, et adjoint à la ville de Brest.

Pendant les Rencontres d’Autrans 2005, Michel Briand et Jean Michel Cornu de la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING) ont animé un atelier sur la coopération au sein d’un territoire. Des acteurs de Tela Botanica, du réseau EPN Essonne, du Cyber Net de Gentilly, d’ADT Quart Monde, de la région Rhône Alpes, de Liscred sont venus échanger leurs expériences.

« La coopération, c’est la clef de l’internet de demain » annonce Michel Briand, initiateur de nombreux projets numériques en Bretagne. Tous sont d’accord. La coopération est essentielle. Pourtant, mettre en place des actes coopérants n’est pas simple.

Les participants s’interrogent : comment faciliter la coopération au sein des projets numériques? D’abord, l’absence de cadre institutionnel semble souvent être un bienfait. Cent cinquante instituteurs Brestois ont, par exemple, participé à un projet de mise en réseau des écoles. Une participation volontaire exercée en dehors des heures de travail.

Pour fédérer, il faut aussi abaisser le ticket d’entrée dans le réseau. Au sens propre comme au figuré. Un exemple ? Déplacer les réunions formelles dans un troquet pour augmenter le nombre de participants. Et, toucher un nouveau public.

L’intégration paraît essentielle aux participants. Michel Briand fait remarquer que « les clandestins d’aujourd’hui sont les participants de demain ».

Une carte des membres du réseau

Pour aboutir, il faut donner à voir ou rendre plus visible la coopération. Les inscrits de Téla Botanica se retrouvent sur une cartographie du réseau explique une représentante du projet. Le sentiment d’appartenance ne va pas de paire avec l’inscription à un réseau.

Chaque détail compte pour favoriser le travail en groupe. « On a rapidement rebaptisé nos chefs de projet en coopérateurs » explique un participant. Une organisation trop hiérarchique muselle les initiatives.

La liste des éléments qui stimulent l’élan coopératif est longue. Les participants ébauchent des leçons comportementales qui dépassent le simple cadre du réseau numérique : laisser la parole à tous, utiliser le concept de 'consensus mou'.

Le fondateur du projet doit stimuler et accompagner les participants. « La démocratie participative n’est pas naturelle » souligne un animateur du Cyber Net de Gentilly.

Dépasser les rapports de compétition

Confiance et partage de compétences doivent être placés au centre de la relation. Michel Briand raconte qu’un jour, un proviseur lui a dit : « Si je fais part de mon projet sur le wiki, les autres lycées pourront copier mon initiative ».

Pour le Brestois, « plus on est récupéré, mieux c’est ». Mais, l’idée doit encore faire son chemin. Un intervenant Suisse illustre cet immobilisme. « Dès l’école, on ne nous apprend pas à travailler ensemble » dit-il.

Curieusement, « Il est plus facile de faire coopérer des groupes de nationalités différentes que deux voisins de palier » indique Dominique Dardel du Lisc Red (Laboratoire d'Ingénierie Sociale, Communication, Recherche er Développement). On veut découvrir les peuples étrangers, mais on se méfie de son voisin. Coopérer sur le net semble encore plus difficile que dans la vie réelle. Rien n’est tangible, pas même l’identité de celui avec qui on échange.

Le temps ne joue pas en la faveur des actes de coopération. Tout va vite dans le monde numérique. Deux espaces temps s’entrechoquent. Comme l’évoque Dominique Dardel, « l’espace de la vie réelle ne se calque pas sur l’espace numérique ». Une difficulté de plus que devront traverser ceux qui rêvent d’un internet solidaire.


Plénière, vendredi 14 janvier

Le futur de l'internet

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Chaque intervenant a présenté les innovations à venir. Des technologies sont maîtrisées mais le grand public devra encore un peu attendre.

Lors des 9ème Rencontres d’Autrans, le petit monde du numérique n’a pas résisté à l’envie d’évoquer les nouveautés attendues pour l’année à venir. Daniel Kaplan, directeur de la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING), a animé la conférence sur le futur d’internet. Frédéric Le Mouël d' INRIA-Rhône-Alpes, Gilles Privat de FT Division R&D, Philippe Lequesne du Centre des Technologies Nouvelles, et Jean Michel Cornu de la FING ont présenté les innovations principales pour 2005.

Internet disparaît. La conférence débute sur un constat plutôt déroutant. Les intervenants s’expliquent. Internet disparaît dans la mesure où il s’intègre de plus en plus à l’espace quotidien. Mobile, appliqué, fonctionnalisé, internet se fond dans le paysage.

Frédéric Le Mouël va plus loin encore. « Aujourd’hui, l’utilisateur disparaît également » ajoute-il. Pour lui, le flou règne entre monde réel et numérique. L’internaute acquière une représentation virtuelle à l’image des communautés qui s’appuient sur un modèle économique.

La logique fonctionne aussi à l’inverse : internet se met de plus en plus au service de la vie réelle. Le Wi-Fi dépasse les contraintes techniques pour s’insérer partout. Le numérique investit les appareils électroménagers.

Vers l’internet intégré

Le renforcement de l’ère du ‘tout virtuel’ entraîne des risques. L’année à venir doit fournir des réponses à ces problèmes. Un exemple ? Les communautés virtuelles doivent se doter d’outils permettant l’identification des membres.

Comment échanger sur le net un fichier en toute confiance ? Selon l’intervenant de l’INRIA, l’échange numérique doit perdre en anonymat. Une remarque à faire pâlir les militants de l’internet ouvert et libre.

Pour la domotique qui développe des appareils ménagers 'intelligents', des solutions doivent aussi prendre forme. « Si votre chaîne Hi-fi vous prévient toutes les dix minutes qu’un nouveau morceau de jazz apparaît sur le net, vous en aurez vite assez » explique Frédéric Le Mouël. Il faut donc empêcher les dérives intrusives.

Côté communication ambiante, l’heure est à un renforcement des capacités d’interaction avec l’environnement, comme l’indique Gilles Privat. On assiste à la disparition des intermédiaires.

Pour Jean Michel Cornu, c’est la matérialisation de l'internet qui s’estompe petit à petit grâce au réseaux ad hoc ou mesh. L’abondance des données devient aussi une réalité avec une mémoire personnelle qui attendra 1,5 Tétra Octets. Il évoque également les avancées prévues concernant les piles à combustible et l’écran OLED (organic light emitting diode).

2005 : année de l’IP v 6

Du réfrigérateur capable d’acheter des provisions aux robots perfectionnés, notre quotidien devrait sous peu prendre un air de film de science fiction. La réalité virtuelle et la télé présence sont des champs d’études également importants. De quoi se demander si l’on pourra encore opposer le monde réel au monde virtuel ?

Comme le rappelle Philippe Lequesne, 600 machines étaient reliées à internet en 1984. Quand on voit le résultat vingt ans après, il faut s’attendre à tout. Mais quand est-il des soubassements technologiques ? Philippe Lequesne explique que 2005 sera l’année de l’IP version 6. Une infrastructure qui permettra de lancer les nouveaux outils numériques.

Le représentant du Centre des Technologies Nouvelles évoque un élément décisif dans l’application des possibilités annoncées par Frédéric Le Mouël, Gilles Privat et Jean Michel Cornu : la géopolitique.

Avoir la main mise sur l’IP v 6, c’est posséder le pouvoir d’après Philippe Lequesne. Dans cette course technologique, quel pays sera le premier en 2005? Une chose est sûre : la chine semble pour l’instant en avance sur les autres compétiteurs.


Rencontre

Valentin Lacambre, militant de l’internet non marchand

A douze ans, il revend son synthétiseur pour s’acheter un ordinateur. L’aventure du numérique commence. Valentin Lacambre fait figure de pionnier. Pour lui, la technique doit se mettre au service d’un internet solidaire et non marchand.

« Internet est un territoire investi de gens qui veulent en vendre des morceaux. Moi, je veux ouvrir des espaces de discussion » explique-t-il. Valentin Lacambre n’en est pas à sa première initiative pour promouvoir l'usage citoyen. Il est à l’origine d’Altern, le premier hébergeur gratuit. Il est aussi un des fondateurs de Gandi : première société française de gestion de noms de domaine. Enfin, Valentin Lacambre s’implique dans l'associatif avec Globnet, qui travaille avec les ONG françaises.

Aux 9èmes Rencontres d’Autrans, il est venu présenter Local Gix. Le projet est né il y a six mois. Le but de l’association est d’inciter et d’accompagner les collectivités territoriales à utiliser le Gix. Pour Valentin Lacambre, l’usage citoyen du net passe par une décentralisation du réseau. Un moyen d’émettre autant que de recevoir. Donc de permettre une pratique du numérique égalitaire.

Local Gix comprend une dizaine d’acteurs. De Castres à Brest en passant par Le Creusot, des gens tentaient de décentraliser le réseau à leur manière. Ils ont choisi de se regrouper au sein d’une association. Aujourd’hui, ils font la promo du Gix en donnant leur ‘recette’ d’installation sur localgix.org.

Dixit le passage obligé des messages par Paris. L’idée est de restructurer la toile en réseaux locaux. Un concept qui contre de plein fouet le business des opérateurs télécom. Internet serait alors consommé plus localement, pour un moindre coût.

« Nous essayons de faire comprendre aux collectivités que créer un Gix est plus dans leur intérêt qu’ouvrir un espace public numérique » indique Valentin Lacambre. Il faut prendre le problème de la fracture numérique à la base : assurer le soubassement technique pour que les initiatives soient facilitées par la suite.

D’après Valentin Lacambre, « les collectivités territoriales sont en train de développer leur présence sur le net ». Un moment idéal pour que le virage du Gix s’amorce. « Deux ou trois collectivités territoriales devraient sauter le pas » annonce-t-il, au terme des Rencontres.

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Pour Valentin Lacambre, l'espace illimité du net rend possible l'essor du secteur non marchand.


Corinne Chevrot apporte internet dans la rue

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Volontaire à ATD Quart Monde, Corinne Chevrot fait partie du projet Internet de rue réalisé en partenariat avec Institut d’informatique et mathématiques appliquées de Grenoble (Imag). Depuis six mois, elle travaille avec des sans-domicile-fixe parisiens.

L’association d'ATD Quart Monde et du domaine numérique peut paraître étonnante. Utilisez-vous souvent ce genre d'outil ?

Cela fait très longtemps qu’ATD Quart Monde fait des projets avec l’aide de l’outil informatique. Tout de suite, le fondateur (le Père Joseph WRESINSKI) s’est dit que les familles devaient rencontrer l’informatique, que cela pouvait être un moyen utile de les aider. Le projet se fonde sur celui des Bibliothèques de rue. Les volontaires amènent des livres dans la rue…Jean Pierre Pinet, en charge du dossier TIC, a pensé appliquer ce système à internet.

Comment le projet se concrétise-t-il sur le terrain ?

Le projet est mis en place dans deux zones, Paris et le Val d'Oise. Moi, je travaille sur Paris. Grâce à une connexion Wi-Fi et un portable, j’apporte internet à ceux qui sont dans la rue. J’ai été sollicité par des gens de la rue que je connaissais. Puis ils ont joué les intermédiaires. Je me déplace dans leur lieu de rencontre. Le but est de récréer des liens sociaux par le biais de l’outil informatique.

Quel public touchez-vous ?

C’est très varié. Le seul dénominateur commun est la rue. Avec chacun, le contact diffère. Il faut trouver quelque chose qui intéresse la personne. On s’adapte à la demande. Dans tous les cas, le but est de sociabiliser. Parfois, cela peut passer par un contact avec des familles qui vivent à l’étranger. En général, ils aiment écrire des mails. Mais il faut trouver quelqu’un à qui les envoyer. Un jour, un homme m’a demandé si je pouvais lui 'montrer son pays' avec ma machine. J’ai pu lui ramener des CD-roms des paysages du Maroc.

Comment le contact s’établit-il ?

C’est très long. Un jour j’ouvre l’ordinateur, l’autre non. Parfois, il y a des problèmes plus importants à régler. Mais l’apprentissage est long. Apprendre à se servir de la souris peut prendre plusieurs mois ! Il est impératif que je vienne régulièrement, toujours le même jour et au même endroit, pour établir le contact. Le projet fonctionne, les gens se sentent intégrés, valorisés.

Dernière modification le samedi 16 avril 2005 22:17:47