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Mémoires D'Autrans

Si Autrans m'était conté.

Pascal Gautronneau, l’informaticien du plateau

Comment gérer une société informatique en direct d’Autrans ? C’est l’histoire de la société de Pascal Gautronneau.

Son DUT d’informatique en poche et une formation de webmaster pour se rafraîchir les idées, Pascal Gautronneau a participé à plusieurs start-up. A 31 ans, il se lance dans une nouvelle aventure. En novembre 2003, il crée sa propre entreprise, en collaboration avec Camille Perinel. L’idée, c’est de construire la structure du site internet de leur clients, et ce grâce à un Content Manager System, soit un logiciel de gestion de contenus sur internet. Selon P. Gautronneau, c’est le plus abouti à l’heure actuelle".

L’originalité tient au fait que ce logiciel est en open-source, c’est-à-dire qu’il est issu du monde du logiciel libre, il s’enrichit au fur et à mesure de la contribution des internautes. L’entreprise est constituée d’un noyau dur de deux personnes. Des électrons libres notamment un graphiste apportent leur contribution aux différents projets. Les affaires marchent bien, ils tournent avec deux à trois clients par mois et viennent de finir le site d’un magasin de design de Grenoble. Ils envisagent même d’embaucher du personnel.

Le défi d’Autrans

La grande originalité de cette entreprise informatique tient au fait qu’elle est basée à Autrans. Au pied des pistes de ski de fond, Pascal Gautronneau développe des sites internet. Il a connu Autrans en 1994. Alors qu’il était objecteur de conscience, il a suivi une formation de ski dans le centre de l’AFRAT. Pendant une dizaine d’années, il a enseigné ce sport dans la station. Après un passage à Grenoble, il décide d’allier son travail et son idéal de vie. Son choix se porte naturellement sur Autrans. Pour moi, Autrans, c’est la bonne taille : il y a une vie de village, une petite école pour mon fils et en même temps, il y a des possibilités pour sortir, des commerces ouverts toute l’année. Pourtant, tout n’est pas simple.

Il rencontre deux obstacles : trouver des bureaux pour installer son entreprise et avoir un accès stable à l’internet au haut-débit. Pour l’instant, ils ont pu profiter gratuitement de l’expérimentation du courant porteur en ligne, mis en place par EDF. Une parabole placée sur un transformateur électrique reçoit les informations puis elles sont redistribuées sur les lignes électriques. Mais la connexion n’est pas très stable. Malgré ces difficultés techniques, Pascal Gautronneau persiste. Cela amuse les gens de voir que quelqu’un fait de l’informatique à Aurans. Cela pourrait donner un élan au village mais il faudrait des aides. Un village qui accueille les journées internet devrait pouvoir répondre à cet appel.

Marie Prieur-Drevon


André Gouy, élu de coeur à Autrans

A 56 ans, André Gouy en est à son cinquième mandat au sein de la municipalité d’Autrans. Il est aujourd’hui adjoint aux finances et aux affaires sociales auprès du maire Jean Faure. Soucieux d’associer ses administrés aux rencontres Internet, il est celui qui a déniché les « colporteurs » de la mémoire d’Autrans, dont on peut lire les interviews dans ce dossier. Rencontre avec la mémoire politique et économique d’Autrans.

André Gouy est chaleureux, disponible et dynamique. Il semble prendre très à cœur l’arrivée à Autrans des Rencontres Internet 2004. Intarissable sur les attraits de sa commune, il est un office du tourisme à lui tout seul. Lorsqu’on le questionne sur son passé d’élu, il précise vouloir parler de politique « au sens noble ».

A quand remonte votre engagement dans la vie politique autranaise ?

A 1971. Je me suis présenté sur la liste de Jean Faure. Nous n’avions pas d’étiquette, nous voulions surtout faire entrer des gens du cru à la municipalité. Ce fût un semi échec, nous n’avons placé que quelques élus. En 1977, nous avons obtenu les sièges de l’opposition, puis la majorité six ans plus tard. En plus d’être maire, Jean Faure a brigué un siège de sénateur. Cela a apporté plus de visibilité et de dynamisme à la commune. Depuis, le visage d’Autrans a beaucoup évolué. Nous avons fait tellement de travaux à l’époque, qu’on s’est presque endettés

Près de trente ans à la mairie ont dû vous donner une vision globale de la commune, comment la définiriez vous ?

Autrans est une commune montagnarde, le principal ressort de son économie est le tourisme. En 1945, il y avait 140 agriculteurs. Ils ne sont plus que douze aujourd’hui et produisent environ 1,5 fois plus. Ils ont du s’équiper en matériel agricole, mais souffrent de la surproduction que cela entraîne. Quand la production augmente, les prix baissent, et les agriculteurs doivent encore produire plus pour combler le manque à gagner. De fait, l’agriculture est moins porteuse qu’auparavant, et la commune doit se tourner vers le tourisme. Il est particulièrement difficile de faire venir des industries en montagne.

La population d’Autrans a-t-elle évolué parallèlement aux changements de la commune ?

Bien sûr. Autrans compte 1600 habitants à l’année et 8000 lits disponibles dans les hôtels et les centres de vacances. La proximité avec Grenoble rend la commune attrayante, mais son climat plutôt rude en hiver rebute nombre de citadins. C’est un dilemme constant pour nous. La majorité des autranais ont des revenus modestes, de nombreux saisonniers viennent travailler, mais les plus gros salaires, qui pourraient dynamiser l’économie locale déplorent le manque de théâtres et de dessertes de bus. Cela dit, nous ne voulons pas devenir une commune dortoir, comme beaucoup d’autres en montagne où des cadres construisent des résidences secondaires sans plus s’investir dans la vie de la commune. Le plan d’occupation des sols est donc surveillé de très près, pour que le village garde son âme, au détriment, peut-être, de son dynamisme.

Ce n’est pourtant pas un hasard si les rencontres Internet ont choisi de s’installer à Autrans.

En effet, nous mettons beaucoup d’espoir dans le développement d’Internet. Le centre de télétravail de Villard de Lans, créé en partie grâce à Jean Faure (à l’époque vice président, du Sénat, NDLR), a renouvelé la population de cette commune. Des cadres y vivent et travaillent de chez eux. C’est un équilibre idéal, que nous rêverions d’atteindre. Les Rencontres Internet se tiennent certainement à Autrans pour sa proximité avec le centre de télétravail de Villard. Et c’est une aubaine pour nous.

Comment est née l’idée de recueillir la mémoire d’Autrans dans le cadre de ces rencontres ?

Cela s’est imposé naturellement. La communauté de commune est parvenue à faire installer le haut débit, transmis par le réseau électrique et l’ADSL, sur le plateau du Vercors. En plus de remplir les hôtels pendant trois jours, les Rencontres Internet offrent une publicité gratuite à Autrans. Il serait regrettable que les autranais, dont certains sont internautes, ne bénéficient pas de ce succès. Conter la mémoire d’Autrans en direct via la technologie par satellite était une manière idéale d’associer les habitant à l’événement, une sorte d’échange de bons procédés.

Pensez vous que l’avenir de la montagne passe par l’Internet ?

Indéniablement, et c’est pour ça que nous n’aimerions pas voir les Rencontres Internet disparaître d’Autrans. Elles entretiennent la renommée de la commune auprès des opérateurs comme France Télécom ou EDF. A une époque où les stations de ski peinent à se partager les parts du gâteau touristique, une industrie basée sur l’Internet semble être une belle solution.

Propos recueillis par Sébastien Sabiron


Instit’ olympique

Aujourd’hui à la retraite, Roger Ravet a enseigné pendant 30 ans à l’école primaire d’Autrans. Impliqué dans la vie sportive et administrative de la commune, il a vécu entre autres la formidable expérience des Jeux Olympiques. Retour sur une carrière eccléctique et accomplie.

Il se définit lui-même comme un « étranger d’Autrans ». Un de ceux qui n’y sont pas nés mais s’y sont investit corps et âmes. D’ailleurs l’expression a depuis longtemps été abandonnée : installé ici depuis quarante ans, Roger est maintenant autranais à part entière. « C’est vrai que j’étais très soucieux de mon intégration en arrivant, reconnaît-il. Et la meilleure façon de se faire accepter, c’était en participant à la vie du village avec ses propres compétences. J’y ai donc employé toute ma bonne volonté, et surtout mon temps libre. ». Sa journée d’instituteur terminée, il part rejoindre le staff chargé d’organiser les courses de ski. Il se donne à fond, week-ends et vacances comprises.

Médaille d'honneur

Symbole de l’intégration réussie, Roger participe à l’un des évènements qui ont le plus marqué le village au siècle dernier : les Jeux Olympiques de 1968. La carte du comité d’organisation, qu’il a soigneusement conservée, l’atteste. Il la sort de temps en temps, avec un sentiment de fierté teinté de nostalgie. Dessus figure l’intitulé du poste qu’il occupait : « adjoint général au ski de fond et au biathlon ». En qualité d’ «officiel de course », il travaille dans les coulisses des Jeux. « J’accueillais les athlètes des pays étrangers, je prenais les inscriptions, organisais les tirages au sort, distribuais les dossards ». Et tout ça bénévolement, bien sur. « tout le monde s’y est mis à Autrans. Certains étaient juges de pistes, d’autres travaillaient au marquage des skis.C’était l’effervescence à longueur de journée ! » Du coup, l’école primaire ferme ses portes le temps des Jeux, faute de temps à lui consacrer. « On a pris un peu de retard dans les cours. Après les JO, je gardais les enfants 10 minutes de plus chaque jour pour rattraper progressivement ce retard ». Entre son métier et ses activités au service de la commune, il n’a jamais voulu choisir. Seules ses nuits en pâtirent.

Neige et net

Après les JO, Roger a continué à travailler à l’Union Sportive Autranaise (l’USA). Il y occupe la fonction de secrétaire général pendant douze années. Il voit défiler les compétitions locales, nationales et même européennes, participe activement à la renommée phénoménale que connaît peu à peu Autrans en matière de ski de fond. A la fin des années 70, il délaissera son dernier poste, celui de chef du bureau des calculs, l’instance qui gère le chronométrage des courses. Sans abandonner son amour du ski, il se découvre une nouvelle lubie : l’informatique. Il décide de joindre l’utile à l’agréable en installant un ordinateur dans sa salle de classe, dès le début des années 80. L’une des toutes premières initiatives de ce genre en France. Comme pour ses expériences précédentes, il s'implique à 100%: « Je restais parfois jusqu’à minuit dans la classe, devant l’ordinateur, ingurgitant tout ce que je pouvais pour le réutiliser le lendemain avec les enfants ». Une passion qui l’anime encore aujourd’hui, et qui occupe une bonne partie de son temps libre, quand l’enneigement est insuffisant pour aller taquiner les pistes.Et l’inactivité ? connaît pas !

Hugo Thérond


L’art de « cultiver le tourisme et de traire les vaches »

Denis Chabert, 50 ans, est agriculteur à Autrans depuis 15 ans. Son exploitation n’était pas viable alors le quinquagénaire et sa femme Patricia ont aménagé 4 chambres d’hôtes dans leur habitation. Le tourisme est leur première source de revenu. Autranais de souche, Denis n’entend pas quitter cet endroit où « de multiples activités existent désormais ».

Le teint halé, une barbe épaisse, grise et crépue, l’homme présente une franche poignée de main. Il est l’un des 13 exploitants agricoles qui subsistent dans la région d’Autrans mais aucune des exploitations ne permet à ses propriétaires d’en vivre. « Nous avons tous une activité parallèle, souvent liée au ski » (moniteur, participation au déneigement) explique Denis Chabert, « ce n’est pas nouveau, du temps de mes parents, déjà, tous les agriculteurs avaient un autre travail, plutôt manuel (pierrage de route, creusement de fossé etc.) afin d’améliorer le confort ». Fils unique de parents agriculteurs autranais, il a repris l’exploitation familiale à 35 ans. Il fait ce choix après avoir vécu différentes expériences professionnelles : après une classe de seconde dans le dessin industriel qui « m’aurait mené a planché en ville ce qui n’est pas pour moi » dit il en riant ; il part quelques années en voyage au Canada, et en Tunisie, puis commence une formation de cuisine qui ne le satisfait pas.

« Pour vivre, il vaut mieux cultiver le tourisme que traire les vaches »

« Rappelé par la nature », le baroudeur revient à ses sources autranaises, entreprend une formation de moniteur de ski et enseigne le ski de fond durant 15 ans à Autrans. Il décide ensuite de s’installer dans la ferme de ses parents avec son épouse, lorsque ces derniers prennent leur retraite. « Au début nous recevions des enfants de régions parisiennes, comme le faisaient mes parents dans les années 50 lors des vacances scolaires, afin de compléter nos revenus, puis nous avons aménagés des chambres d’hôtes. Nous avons aujourd’hui 4 chambres, soit 8 lits, et nous pouvons servir jusqu’à 15 couverts ». Il ajoute ironiquement «pour vivre, il vaut mieux cultiver le tourisme que traire les vaches ».

« Le tourisme permet de préserver la jeunesse d’Autrans »

La station de ski d’Autrans amène à elle de nombreux amateurs de ski de fond sur les plateaux du Vercors et « il y a tout ce qu’il faut pour bien vivre » pense Denis Chabert. « On peut faire des sports de montagnes essentiellement : ski, randonnées, courses d’orientation, mais aussi du VTT, de la gymnastique aquatique, ou encore participer à la chorale, faire du jazz vocal etc. Il y a des concerts, des associations culturelles et « la jeunesse peut s’épanouir ». Les centres de vacances amènent une population jeune. Les activités de la région sont essentiellement consacrées à la détente, et au tourisme. « Ici, il n’y a jamais eut d’industrie ou de réel artisanat, il y avait près de 140 fermes il y a 50 ans. Les jeux olympiques de 68 ont dynamisé et fait connaître le site, c’est à cette occasion que beaucoup ont misé sur le tourisme, pour rester dans leur région ils ont aménagé des gîtes et des chambres d’hôtes, comme mes parents à l’époque ». Pour la population autranaise, l’activité touristique semble salvatrice.

Prisca Djengue


Un animateur de coeur

Robert Frier est un autranais pure souche. Depuis plus de douze générations, sa famille habite le Vercors. Cela fait 35 ans qu'il est animateur dans le village voisin de Méaudre. Pourtant Autrans reste l'élu de son coeur. Robert Frier s'est toujours beaucoup investi dans la vie associative de son village. Il est aujourd'hui président de l'association des bénévoles du festival du film de montagne et d'aventure.

Robert Frier et son village c'est une longue histoire, construite au fil des générations. La souche principale de sa famille est à Autrans et quelques branches se sont dispersées dans le canton. Il est aujourd'hui l'héritier d'une grande descendance, « j'ai toutes mes racines ici, mes grands parents, mes parents y sont nés. » Autrans c'est son village natal, mais surtout un lieu qu'il aime, « c'est très fort, très affectif, c'est dans les tripes ». Depuis 35 ans Robert Frier est animateur à IGESA, un village de vacances. Il organise les soirées, et encadre les sorties sportives. Depuis vingt ans, il a mis en place des activités comme la raquette et la randonnée. Aujourd'hui en vogue, elles étaient à l'époque pour lui un moyen idéal et nouveau, de faire découvrir sa région, et aimer son Vercors. Mais par-dessus tout, ce qui compte pour lui, ce sont les contacts, les rencontres, les liens qu'il a pu établir avec chacun des vacanciers.

Associations, le ciment des relations

Malgré une vie professionnelle très prenante, Robert Frier s'est impliqué depuis longtemps dans le milieu associatif autranais. Avec André Gouy, l'actuel adjoint au maire, et grâce à l'aide de Jean Faure, sénateur maire, ils ont commencé par créer la Maison des jeunes et de la culture. Robert Frier s'est également investi dans les activités du club de ski, et a participé aux débuts du festival du film montagne et aventure. « Au départ, j'étais dans l'ombre », mais avec le temps il a gravi les échelons. Aujourd’hui le festival est devenu l'un des évènements majeurs d'Autrans et Robert Frier est occupe depuis deux ans le poste de président de l'association des bénévoles du festival.

Son meilleur souvenir date de son activité dans la commission transport. Chargé d'amener les personnalités à bon port, il a fait entre autre, la connaissance de Jean-louis Etienne. « Scientifique aventurier », ce fut pour Robert Frier « une expérience très enrichissante », pleine d'humanité. Avec ses quelques 1600 habitants, Autrans pourrait être une cité dortoir, un village de vacances. Mais il n'en est rien. Ses habitants se mobilisent pour faire vivre leur village. A l'heure actuelle, il existe plus de 40 associations. Pour Robert Frier, cet engagement hors du commun provient d'une « volonté de se retrouver. Les gens aiment leur village, ils ont envie de se rencontrer, c'est peut-être une sorte d'entraide ».

Bastien Capozzi, Marion Gamot


« Les exploitants agricoles autrannais s’allient»

René Guillermet, 75 ans, agriculteur retraité et Denis Chabert, 50 ans, agriculteur et gérant d’une maison d’hôtes, sont tous deux fils d’exploitants agricoles autrannais. Attachés à leur région et à leur métier, ils racontent comment « les fermes du coin ont disparu au fil des ans ».

René Guillermet se souvient « A l’époque où mes parents travaillaient, il y avait énormément d’exploitations agricoles dans la région, mais avec les progrès techniques la productivité des plus grosses exploitations à augmenté et les petites n’étaient plus viables, ou n’ont pas trouvé de repreneur, alors elles ont disparues » En 1945, on comptait 140 exploitations dans la région autrannaise ; en 1983 elles étaient 39 ; vingt ans après, aujourd’hui, il en reste 13. Denis Chabert ajoute « A 13 on produit autant de lait qu’on le faisait dans les années 80, mais nous vendons le litre de moins en moins cher, si bien qu’il faut que chaque personne en produise davantage pour gagner la même chose, ce qui ne laisse pas de place à tous ».

« Nous n’étions qu’une goutte de lait dans un grand pot »

Depuis octobre 2003, les exploitants agricoles de la région gèrent librement la transformation et la vente de leur lait. « Nous sommes directement impliqués, qu’on fasse des bénéfices ou des pertes » dit le quinquagénaire pour résumer la situation. « Avant d’en arriver là, ce regroupement d’agriculteurs a vécu bien des changements depuis que la coopérative d’Autrans a fermé ses portes en 1999, suite a une décision de la DSV (Direction Sanitaire et Vétérinaire) qui reprochait au site de ne pas être conforme aux normes européennes ». Le lait partait donc à Villars de Lans où il était transformé dans un atelier appartenant à Lactalys, premier groupe laitier européen « Nous n’étions qu’une goutte de lait dans un gros pot. La production de presque tout le Vercors était transformée sur ce site. La coopérative Vercors-Lait qui regroupe des agriculteurs de Lans, Villard de Lans, Rencurel, Méaudre, Saint-Martin en Vercors et Saint Julien en Vercors envoyaient leur lait à Villard de Lans et vendaient à Lactalys » dit Denis Les bâtiments de la coopérative d’Autrans ont été rasés, puis M. Mamy (un particulier qui a un dépôt de matériel de construction) a racheté le site et a reconstruit un atelier de transformation avec un magasin de vente à côté. Les fermiers autrannais quittent Lactalys pour vendre leur lait à M. Mamy, qui finit par faire faillite. La coopérative est rachetée par Lactalys. En février 2003, Lactalys remet l’affaire en vente. La coopérative d’Autrans et Vercors-Lait fusionnent et rachètent l’atelier de transformation de Villard de Lans.

« Les agriculteurs autrannais sont regroupés en coopérative »

Afin d’investir dans du matériel performant pour la culture et le labourage du foin destiné aux vaches, les agriculteurs autrannais sont regroupés en coopérative. Ils adhèrent à la CUMA (Coopérative pour l’Utilisation de Matériel Agricole) » ajoute Denis Chabert.

Prisca Djengue


mercredi 07 janvier:

Autrans nous voilà !

Depuis mercredi, l’école de journalisme de Grenoble-Echirolles est en reportage à Autrans pour vivre l’édition 2004 des journées internet . Cet échange privilégié autour des dernières innovations techniques est devenu un rendez-vous incontournable.

A peine débarqués de Grenoble, les élèves en journalisme partent recueillir la mémoire d’Autrans. Même isolé en plein Vercors, le petit village rural est résolument tourné vers l’avenir. Il s’agit de récupérer le patrimoine de la commune pour que le site d’autrans.net, conçu avec les techniques les plus modernes, reste ancré dans la terre rurale de son origine. Le projet est séduisant, d’autant plus qu’il devait intégrer la toute nouvelle technologie Mesh.

Grande attendue de ces journées internet, elle permet à un ordinateur relié à un réseau sans fil de devenir lui-même antenne dans une zone non connectée. Seulement, cela n’a pas été possible pour des questions d’organisation. Munis de calepins et stylos, les étudiants ont rencontré différentes personnalités du village dans l’après-midi.

Avancer sans perdre ses racines

Voilà le challenge d’André Mouroux, président du club des anciens - club du Claret. Dans son bureau, on sent l’amour du passé. Livres d’histoires, anciennes coupures de presses, carte de France du patrimoine. mais aussi un studio numérique dernier cri de montage vidéo. Ce passionné du patrimoine du Vercors récolte des extraits de vie du passé qu’il monte en numérique. Les supports numériques renferment précieusement ses trésors de patrimoine local. Anecdotes, dialecte, chansons anciennes témoignent d’un temps où internet était loin d’exister. Il explique aux étudiants la transition de la commune vers le tourisme.

Nous rencontrons ensuite Rosaria Gaillard, gérante de l’hôtel des Tilleuls. C’est une ancienne ferme traditionnelle transformée après guerre en hébergement. Elle explique aux étudiants qu’elle attend la connexion haut débit avec impatience. Patience ! Le grand moment viendra jeudi à midi, inauguré en grande pompe. Rosaria estime que cet outil est indispensable. Il permettrait de mieux gérer les réservations de touristes, en permettant par exemple de proposer un portail commun aux différents acteurs du tourisme : locations de raquettes, restaurants, hôtels. « Internet permet d’ouvrir notre petit village de montagne au reste du monde », explique-t-elle.

Les étudiants ont ensuite été aidés par des étudiants en informatique pour mettre en ligne leurs articles.

Christel Jacson


Mercredi 07 janvier

Emile Salvi, ou un demi-siècle de vie sportive à Autrans

L’union sportive d’Autrans existe depuis 1920. Deux clubs s’affrontaient pourtant lors des compétitions de ski de fond sur le plateau au début du siècle : les « noirs » les « rouges », soit les catholiques ou non.

En presque un siècle, les choses ont évolué même si le ski est toujours la discipline de prédilection de ce village du Vercors. Emile Salvi surnommé Milou à Autrans a été l’un des témoins privilégiés de cette évolution. "J'ai appris le ski grâce à l’école communale qui fournissait le matériel." Il a surtout été l’un des symboles au niveau local de cette effervescence autour des sports d’hiver notamment dans le village d'Autrans.

Le petit village du Vercors est classé depuis plusieurs années « station nordique » et fait office de référence en la matière. Pour beaucoup, elle est la station numéro 1 du ski de fond, que ce soit pour la longueur et la qualité de ses pistes (plus de 150 Km). Ajoutez à cela la Foulée Blanche rendez-vous annuel incontournable du gratin du fond mondial. L’épreuve attire environ 14 000 participants.

Né à Saint Hugues de Chartreuse, Emile Salvi débarque à Autrans à trois ans. « Milou » a fait parti de l’équipe de France militaire en 1958. Il raconte: "Lorsque que la candidature de Grenoble a été retenue en 1964, on a pensé à moi, simple sauteur, pour faire parti de l’équipe de combiné nordique. J’avais alors 4 ans pour me mettre au niveau en ski de fond.» Il a ainsi participé aux épreuves de combiné nordique aux Jeux Olympiques de Grenoble en 1968. Il se souvient : "j'ai sauté sur le tremplin de 90 mètres de Saint Nizier devant des milliers de personnes le jour de la clôture des jeux."
Emile finira 37ème de l'épreuve de combiné nordique.

La métamorphose d'Autrans

L’attribution des jeux de 1968 entraîne une révolution dans la localité ainsi que dans le monde du ski. Des crédits sont débloqués pour l’événement et on modernise les pistes, aménage les routes en vue de l’échéance. Des tremplins sont construits à St Nizier, et à Autrans en 1967, un tremplin de 46 mètres plastifié est installé. Celui-ci permettra notamment de sauter toute l’année, ce qui fera le bonheur des enfants du pays. L’expérience des JO est très positive pour la région et Emile quant à lui se voit proposer un poste d’éducateur sportif à Autrans dans un centre pour jeunes en difficultés. « Je travaillais à l’époque au Grand-Lemps comme garçon boucher. Je n’ai pas hésité longtemps. » Il sera fidèle au poste jusque à sa retraite en 1996. Il a continué durant cette période à s’occuper des sauteurs et fondeurs du club d’Autrans. Il a été également juge international à la Fédération Française de Ski.

Il assisté au développement du village vers des activités touristiques en lien avec le ski. Même si celui ne compte que 1600 sédentaires contre 900 en 1968 (selon le souhait de la municipalité), elle compte plus de 10000 lits pour les périodes de vacances. Une piste de skate côtoie le tracé de la piste de ski de fond traditionnelle. Les deux sont entretenues quotidiennement par les sept dameuses de la station. Les Autranais ont ouvert des gîtes au sein de leurs foyers et beaucoup louent leurs maisons pendant la saison. La station accueille notamment des épreuves internationales et nationales de biathlon, fond et combiné.

Un vivier de champions

L’US Autrans compte 250 licenciés. Mieux, le club est un terreau pour les équipes nationales. Cette école a formé de nombreux champions, reconvertis par la suite dans l’encadrement des équipes nationales. Xavier Girard a ainsi été médaillé aux championnats du monde par équipe de combiné nordique et est l’actuel directeur de l’équipe de France de combiné. Dominique Locatelli a lui était 14 fois champion de France en ski de fond spécial. Nicolas Balle, l’enfant du pays a par ailleurs glané une médaille à Nagano en 1998 dans l’épreuve de combiné nordique par équipe.

Autrans a gagné en 40 ans une reconnaissance touristique et sportive. Milou conclut avec nostalgie: "Aujourd'hui, je n'ai plus à remonter à pied les chemins menant aux tremplins, ni à partir de nuit en forêt pour faire les tracés des pistes."

Benjamin Ribout


Mercredi 07 janvier

Le tourisme: une pépinière pour Autrans

Le tourisme à Autrans tient une place centrale. Ski, randonnée, chiens de traineaux, les activités sont nombreuses. Rosaria Gaillard, présidente des hôteliers d’Autrans, nous explique son histoire d’amour avec Autrans.

Autranaise depuis 1960, Rosaria est propriétaire de l’un des 10 hôtels de la commune. Attirée par la restauration et le tourisme, elle reprend l’hôtel Les Tilleuls en 1983. Autrefois ferme familiale puis maison d’enfants, l’établissement est devenu, depuis 1992, un hôtel-restaurant qui acceuille, chaque année de nombreux touristes français et étrangers. Nous avons une clientèle fidèle que nous retrouvons chaque année. Certains sont même devenus des amis. Hiver comme été, son hôtel bénéficie de la forte activité touristique de la commune.

"une station conviviale et familiale".

Rosaria définit Autrans comme une station chaleureuse, accessible à tous et propice aux moments de détente dont elle ne pourrait plus se passer. Pour Rosaria, les journées Internet d’Autrans sont devenues essentielles car elles permettent d’assurer la renommée de la station à travers le monde. Elles permettent aussi de donner l’image moderne des villages de montagnes. Tout comme la foulée blanche ou le festival international du film de montagne, cette manifestation assure la perenité du village. Grâce à l’arrivée de l’ADSL sur la commune, elle espére pouvoir développer son activité hôtelière en proposant des paniers touristiques en ligne. Les clients pourraient, selon elle, réserver leurs chambres et avoir un aperçu des activités qui leur seront proposées. Elle imagine même ainsi pouvoir se passer de la centrale de réservation. Elle attend donc avec impatience l’arrivé du haut débit.

Guillaume Armand


Compte Rendu

Dernière modification le mercredi 4 février 2004 17:26:04