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Futurologue, métier d'avenir

Jeudi 8 janvier

Futurologue, un métier d’avenir

Thierry Gaudin, prospectiviste de renom a eu l’honneur d’inaugurer les Journées de l’Internet d’Autrans. Sans cartes de tarot, ni boule de cristal, il a présenté sa vision de l’avenir. Mais au fait qu’est ce qu’un futurologue ?

Une carrière tournée vers le futur

A 64 ans, Thierry Gaudin n’a pas la tête dans les étoiles contrairement à ce que l’intitulé de son métier pourrait faire penser. Si certains prospectivistes sont philosophes, journalistes, lui est issu du monde des ingénieurs. Il n’a pourtant jamais exercé cette profession. Tout au long de sa carrière, il s’est penché sur la recherche et l’innovation au sein de différents ministères. « Pendant 10 ans, au ministère de l’industrie, on a essayé de bâtir une politique d’innovation. » raconte-t-il.

En 1982, à la demande du Ministère de la Recherche et de la Technologie, il fonde et dirige le Centre de Prospective et d'Evaluation. De ministère en ministère, il développe un goût certain pour la prospection. Suite aux travaux du Centre, en 1993, sort l’ouvrage 2100, récit du prochain siècle. C’est à la fois l’aboutissement d’un long travail de recherche et le début d’une toute nouvelle expérience. En 1993, Thierry Gaudin fonde et préside l’association « Prospective 2100 ».

Futurologue, à quoi ça sert ?

Avec un soupçon d’ironie et un grand sourire, Thierry Gaudin explique le rôle des futurologues : « en général les prospectivistes donnent plusieurs scénarios, souvent un scénario rose et un noir. Ils prédisent qu’il se passera quelque chose entre les deux. C’est une manière de ne pas se tromper, mais personne n’est dupe. » Si rien n’est sûr, on peut se demander à quoi sert le prospectivisme. Pour Thierry Gaudin, il est important de s’interroger sur les conséquences de nos actes. Le prospectivisme des années 90 s’est développé à « un moment où personne ne se positionnait à long terme or, ce qui se passe a des conséquences pour l’avenir. »

Thierry Gaudin qualifie son courant au sein du prospectivisme de « techno-social ». Il regroupe les gens qui pensent que « la technologie modifie en profondeur la société. » Selon eux, depuis les années 70, nous avons changé de système technique. L’avènement du microprocesseur, puis de l’ordinateur a ouvert une nouvelle ère. A partir d’exemples historiques, ils font le constat suivant : quand un système prend de l’ampleur, il finit par déclasser les éléments de travail humain et entraîne une crise sociale. Le but de l’association est de « faire discuter ensemble des gens qui ont des projets pour remédier à la crise de jeunesse du nouveau système. » Anticiper permettrait selon lui de mieux gérer les grands tournants à venir et de donner des pistes aux politiques. « Notre idée, c’est que les gouvernants, les décideurs sont pris de cours par les événements donc, il vaut mieux que des gens aient préparé le terrain. ». A suivre… en 2100.

Pour plus d’informations, voir l’article de Bastien Capozzi, sur Autrans.net et le site de l’associaton Prospectives 2100, http://2100.org.

Marie Prieur Drevon

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Dernière modification le vendredi 16 janvier 2004 20:20:20